{"collection":"earth","html_url":"https://unchartedknowledge.5gfusion.net/browse/earth/toe/toe25.htm","path":"earth/toe/toe25.htm","source_url":"https://sacred-texts.com/earth/toe/toe25.htm","text":"Theory of the Earth, by James Hutton, [1788 and 1795]\nFacts in confirmation of the Theory of Elevating\n Land above the Surface of the Sea.\nThe first object now to be examined, in confirmation of the theory, is that change of posture and of shape which is so frequently found in mountainous countries, among the strata which had been originally almost plain and horizontal. Here it is also that an opportunity is presented of having sections of those objects, by which the internal construction of the earth is to be known. It is our business to lay before the reader examples of this kind, examples which are clearly described, and which may be examined at pleasure.\nNo person has had better opportunities of examining the structure of mountains than M. de Saussure, and no body more capable of taking those comprehensive views that are so necessary for the proper execution of such a task. We shall therefore give some examples from this author, who has every where described nature with a fidelity which even inconsistency with his system could not warp. Speaking of the general situation of the beds of the Saleve, (p. 179.)\n\u00abDans quelques endroits, et m\u00eame presque partout, les couches descendent tout droit du haut de la montagne jusques \u00e0 son pied: mais au dessus de Collonge le sommet arrondi en dos d'\u00e2ne pr\u00e9sente des couches qui descendent de part et d'autre, au sud-est vers les Alpes, et au nord-ouest vers notre vall\u00e9e; avec cette difference, que celles qui descendent vers les Alpes parviennent jusques au bas; au lieu que celles qui nous regardent sont coup\u00e9es \u00e0 pic, \u00e0 une grande hauteur.\n\u00abCes deux inclinaisons ne sont pas les seules que l'on observe dans le bancs du mont Saleve, ils en ont encore une troisi\u00e8me; ils sont relev\u00e9s vers le milieu de la longueur de la montagne, et descendent de l\u00e0 vers ses extr\u00e9mit\u00e9s. Cette pente, qui sur le Grand Saleve n'est pas bien sensible, devient tr\u00e8s remarquable au Petit Saleve, et m\u00eame tr\u00e8s rapide \u00e0 son extr\u00e9mit\u00e9. Les derni\u00e8res couches au nord au dessus d'\u00c9trembi\u00e8res descendent vers le nord-nord-est, sous un angle de 40 au 50 degr\u00e9s.\n\u00abOn verra, dans le cours de cet ouvrage, combien le montagnes calcaires ont fr\u00e9quemment cette forme.\n\u00ab\u00a7 235. Outre ces grandes couches qui constituent le corps de la montagne, et qui peuvent en g\u00e9n\u00e9ral \u00eatre mises dans la classe des couches horizontales, on en trouve d'autres dont l'inclinaison est absolument diff\u00e9rente. Elles sont situ\u00e9s au bas de Grande Saleve du cot\u00e9 qui regarde notre vall\u00e9e; on les voit appliqu\u00e9es contre les tranches inf\u00e9rieures des bancs horizontaux ou tr\u00e8s-inclin\u00e9es en appui contre la montagne.\n\u00abCes couches s'\u00e9l\u00e8vent en quelques endroits, par exemple, entre Veiry et Cr\u00e9vin, \u00e0 peu-pr\u00e8s \u00e0 la moiti\u00e9 de la hauteur du Grande Saleve. Celles qui touchent imm\u00e9diatement la montagne, sont le plus inclin\u00e9es; on en voit l\u00e0 de verticales et m\u00eame quelque fois de renvers\u00e9es en sens contraire, qui sont soutenues par le plus ext\u00e9rieures. Celle ci font avec l'horizon un angle de 60 \u00e0 65 degr\u00e9s. Ces couches sont souvent tr\u00e8s \u00e9tendues, bien suivies, et continues \u00e0 de tr\u00e8s-grandes distances. Leur assemblage forme une \u00e9paisseur consid\u00e9rable au pied de la montagne. Elles ont cependant \u00e9t\u00e9 rompues, et manquent m\u00eame totalement dans quelques places. Cela m\u00eame donne la facilit\u00e9 de les bien observer, parce qu'en se postant dans ces intervalles, on peut les prendre en flanc, et voir distinctement leurs tranches, et tout leur structure.\n\u00abOn observe ces couches non-seulement au pied de rocs nuds du Grand Saleve, mais encore dans la partie de sa pente qui est bois\u00e9e par exemple au dessous de la croisette, le chemin qui de ce hameau descend au village de Collonge, passe sur les couches inclin\u00e9es, comme celles que je viens de d\u00e9crire.\u00bb\nIn \u00a7 237, the description is continued.\n\u00abEn suivant le pied de la montagne entre le Coin et Cr\u00e9vin, on voit repara\u00eetre nos couches verticales ou tr\u00e8s inclin\u00e9es qui vis \u00e0 vis du Coin, ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truites comme je viens de le dire. Ces couches l\u00e0 ou elles sorte que l'on peut comparer toutes les couches de la montagne \u00e0 celles d'un jeu de cartes ploy\u00e9 en deux suivant sa longueur.\u00bb\nIn considering the chains of the Jura, on the west side of that which looks to the lake, our author has the following interesting observations, p. 275.\n\u00abLes cha\u00eenes dont il est compos\u00e9, \u00e0 mesure qu'ils s'\u00e9loignent de la haute ligne orientale perdent graduellement de leur hauteur et de leur continuit\u00e9; le plus occidentales ne forment pas, comme la premiere, des cha\u00eenes de montagnes \u00e9lev\u00e9e et non interrompues; ce sont des monticules allong\u00e9s il est vrai, mais isol\u00e9s ou qui du moins ne sont unis que par leurs bases.\n\u00ab\u00a7 338. Leur structure n'est pas la m\u00eame dans toute l'\u00e9tendue du Jura. La forme primitive la plus g\u00e9n\u00e9rale ressemble cependant \u00e0 celles de la haute cha\u00eene; c'est-\u00e0-dire, que ce sont de vo\u00fbtes, compos\u00e9es et remplies d'arcs concentriques.\n\u00abC'est surtout entre Pontarlier et Besan\u00e7on, que l'on rencontre des collines qui ont r\u00e9guli\u00e8rement cette structure. La grande route traverse de larges vall\u00e9es, dans lesquelles les couches sont horizontales; mais ces vall\u00e9es sont s\u00e9par\u00e9es par des cha\u00eenes peu \u00e9lev\u00e9es dont le couches arqu\u00e9es montent jusques au haut de la montagne, et descendent ensuite du cot\u00e9 oppos\u00e9. On en voit aussi de la m\u00eame forme dans la Pr\u00e9v\u00f4t\u00e9 de Moutier Grand Val. La birs traverse des rochers qui offrent \u00e0 d\u00e9couvert la construction int\u00e9rieure des montagnes; les couches de roc forment dans cet endroit des vo\u00fbtes \u00e9lev\u00e9es l'une sur l'autre en suivant le contour ext\u00e9rieur de la montagne.\u2014Dict. G\u00e9og. de la Suisse, tom. 2. p. 150.\n\u00abD'autres fois le sommet de la montagne est plus aigu que n'est celui d'une vo\u00fbte, et les couches paralelles entr'elles, mais inclin\u00e9es \u00e0 l'horizon en sens contraire, pr\u00e9sentent dans leur section, la form d'un chevron ou d'un lambda [Greek: L].\n\u00ab\u00a7 339. Mais cette m\u00eame structure presente fr\u00e9quemment une singularit\u00e9 remarquable. Ce sont des bancs perpendiculaires \u00e0 l'horizon qui occupent \u00e0-peu-pres le milieu ou le coeur de la montagne et qui s\u00e9parent les couches d'une des faces de celles de la face oppos\u00e9e.\n\u00abJ'ai observ\u00e9 plusieurs montagnes secondaires, et du Jura et d'ailleurs, et surtout un grande nombre de montagne primitive, dont la structure est la m\u00eame 1.\u00bb\n\u00ab\u00a7 340. Les couches perpendiculaires \u00e0 l'horizon, que l'on rencontre fr\u00e9quemment dans le Jura ont presque toutes leurs plans dirig\u00e9s du nord-nord-est au sud-sud-ouest, suivant la direction g\u00e9n\u00e9rale de cette cha\u00eene de montagne. Cette observation est d'une assez grande importance parce qu'elle exclut ou rend du moins improbable l'id\u00e9e d'un bouleversement.\n\u00abJ'ai cru pendant long-temps que toutes les couches d\u00e9voient avoir \u00e9t\u00e9 form\u00e9es dans une situation horizontale, ou peu inclin\u00e9e \u00e0 l'horizon, et que celles que l'on rencontre dans une situation perpendiculaire, ou tr\u00e8s-inclin\u00e9es, avoient \u00e9t\u00e9 mises dans cet \u00e9tat par quelque r\u00e9volution; mais \u00e0 force de rencontrer des couches dans cette situation, de les voir dans de montagnes bien conserv\u00e9es, et qui ne paroissoient point avoir subi de bouleversement, et d'observer une grande r\u00e9gularit\u00e9 dans la forme et dans la direction de ces couches; je suis venu \u00e0 penser que la nature peut bien avoir aussi form\u00e9 de ces bancs tr\u00e8s-inclin\u00e9s, et m\u00eame perpendiculaire \u00e0 la surface de la terre.\u00bb\nHere the reasoning of our author is sufficiently just; he sees too much order in the effect to ascribe it to a cause merely fortuitous. But surely nothing in those appearances hinders the conclusion, that the strata now found in ail possible positions, had been originally horizontal when at the bottom of the sea, and that they had been afterwards regularly bent and broken, by the same cause which operated in placing them above the level of the ocean. The force of this argument will appear, by considering the various regular and irregular positions in which they are found.\n\u00ab\u00a7 242. Dans quelques endroits du Jura, on voit des esp\u00e8ces de demi-cirques form\u00e9s par des rochers dont le couches sont de portions de la surface d'un m\u00eame c\u00f4ne et tendent \u00e0 un centre commun \u00e9lev\u00e9 au dessus de l'horizon.\n\u00abAinsi aupr\u00e8s de Pontarlier, etc.\n\u00ab\u00a7 343. Mais il est bien plus fr\u00e9quent de voir des montagnes dont les couches ont la forme d'une demi-vo\u00fbte, et qui vues de profil pr\u00e9sentent, comme notre montagne de Saleve, un pente douce d'une cot\u00e9, et des escarpemens de l'autre.\n\u00abPlusieurs vall\u00e9es du Jura sont situ\u00e9es entre deux chaine de montagnes qui ont cette forme, et qui se presentent r\u00e9ciproquement leur faces escarp\u00e9es. On croit m\u00eame apercevoir quelque correspondance, entre les couches de ces montagnes oppos\u00e9es, et l'on diroit qu'elles furent anciennement unies, et que la partie interm\u00e9diaire a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truite, ou que la montagne s'est fendue du haut en bas, et que ses deux moiti\u00e9s se sont \u00e9cart\u00e9es pour faire place \u00e0 la vall\u00e9e qu'elles renferment.\n\u00ab\u00a7 346. Pour r\u00e9sumer en peu de mots les id\u00e9es que je me forme de la structure du Jura; je dirai que je crois qu'il est compos\u00e9 de diff\u00e9rentes cha\u00eenes \u00e0-peu-pr\u00e8s paralleles entr'elles, et \u00e0 celles des Alpes, mais tirant un peu plus du nord au midi: que la chaine la plus \u00e9lev\u00e9e et la plus voisine des Alpes, a eu originairement la forme d'une dos d'\u00e2ne dont les pentes partent du faite, recouvrent les flancs, et descendent jusques au pieds de la montagne: que les cha\u00eenes suivantes du cot\u00e9 de l'ouest, sont compos\u00e9es de montagnes graduellement moins \u00e9lev\u00e9es et moins \u00e9tendues; que les couches de ces montagnes ont g\u00e9n\u00e9ralement la forme de vo\u00fbtes enti\u00e8res ou de moiti\u00e9 de vo\u00fbtes; et qu'elles viennent mourir dans des plaines, qui ont pour base des bancs calcaires tout \u00e0 fait horizontaux de la m\u00eame nature que ceux du mont Jura, et qui furent peut-\u00eatre anciennement continus avec eux.\u00bb\nOur author has here described most accurately, not only the present shape and positions of particular strata, but the general shape and structure of the land him the Saleve and Jura, which are not in the Alps, to the plains of France, where the strata are generally in a more horizontal situation.\nHaving thus seen the structure of what are commonly termed the secondary mountains, a structure which prevails generally in all parts of the land, at least in all that which is not primitive in the estimation of naturalists, who suppose a different origin to different parts, it will now be thought a most interesting view of nature, to see the same accurate examination of the structure of the earth, from those secondary mountains of Geneva to the center of the Alps, where we find such a variety of mountains of different materials, (whether they shall be called primitive or secondary) and where such opportunity is found for seeing the structure of those mountains. For, if we shall find the same principles, here prevailing in the formation of those supposed primitive mountains as are found over all the earth in general, and as are employed in fashioning or shaping every species of material, it will be allowed us to conclude, that, in this situation of things, we have what is general in the formation of land, notwithstanding imaginary distinctions of certain parts which had been formed one way, and of others which are supposed to be operations of an opposite nature.\nThis question therefore will be properly decided in our author's journey to the Alps; for, if we shall there find calcareous strata perfectly consolidated, as they should be by the extreme operation of subterranean heat and fusion; if we find materials of every species formed after the manner of stratification; and if all those different strata variously consolidated shall be found in all positions, similar to those which we have now seen in the examination of the Jura and Saleve, with this difference, that the deplacement and contorsion may be more violent in those highly consolidated strata, we shall then generalise an operation by which the present state of things must have been produced; and in those regular appearances, we shall acknowledge the operation of an internal heat, and of an elevating power.\n\u00ab\u00a7 287. Les pentes rapides des bancs dont est form\u00e9 le mole, les directions vari\u00e9es de ces m\u00eames bancs sont aussi conformes \u00e0 une observation g\u00e9n\u00e9rale et importante, que le montagnes secondaires sont d'autant plus irr\u00e9guli\u00e8res et plus inclin\u00e9es qu'elles s'approchent plus des primitives.\n\u00abA la verit\u00e9, quelque montagnes calcaires m\u00eame \u00e0 de grandes distances des primitives ont \u00e7a et l\u00e0 des couches inclin\u00e9es et m\u00eame quelquefois verticales; mais ces exception locales n'emp\u00eachent pas qu'il ne soit vrai qu'en general, les bancs calcaires, que l'on trouve dans les plaines qui sont \u00e9loign\u00e9es des hautes montagnes, ont leurs bancs ou horizontaux ou peu inclin\u00e9s; tandis, qu'au contraire, les montagnes qui s'approchent, du centre des grands cha\u00eenes, n'ont que tr\u00e8s-rarement des couches horizontales, et presentent presque par-tout des couches fortement et diversement inclin\u00e9es.\u00bb\nThat is to say, that there is no place of the earth, however plain and horizontal in general may be the strata, in which examples are not found of this manner of disordering or displacing strata; at the same time they are more crested and more disordered in proportion to the mountainous nature of the country. Here is the proposition contained in that general observation of natural history; and this is a proposition which either naturally flows from the theory, or is perfectly consistent with it.\n\u00ab\u00a7 360, a. Le rocher dont j'ai parl\u00e9 (\u00a7 354) qui touche celui de la Dole, et qui porte le nom de Vouarne, est d'une structure singuli\u00e8re. Les bancs dont il est compos\u00e9 sont escarp\u00e9s, les uns en montant contre le nord-est sous un angle de 40 \u00e0 50 degr\u00e9s; les autres en s'\u00e9levant contre le sud-est.\n\u00ab\u00a7 361. En avant de ce rocher, du cot\u00e9 l'est, on en voit un autre d'une structure tr\u00e8s remarquable. Il a la forme d'un chevron aigu ou d'un lambda [Greek: L]. on le nomme, sans doute \u00e0 cause de sa forme, le Rocher de fin Ch\u00e2teau. Les bancs dont il est compos\u00e9 sont tr\u00e8s inclin\u00e9s \u00e0 l'horizon, et s'appuient r\u00e9ciproquement contre leurs sommit\u00e9s respectives. Les planches que l'on dresse en appui les unes contre les autres pour les faire secher, peuvent donner une id\u00e9e de la situation de les bancs. Cette forme n'est pas rare dans ces rochers calcaires; mais elle est bien plus fr\u00e9quente encore, et plus d\u00e9cid\u00e9e dans le rochers primitifs, comme nous le verrons dans la suite.\n\u00abLe rocher de fin ch\u00e2teau presente dans cette forme m\u00eame une circonstance tr\u00e8s-remarquable; c'est que l'intervalle que les jambes du lambda [Greek: L] laissent entr'elles, est rempli par des couches perpendiculaires \u00e0 l'horizon. On diroit que ces couches chass\u00e9es en haut par une force souterraine, ou soulev\u00e9 de part et d'autre, des bancs qui sont demeur\u00e9s appuy\u00e9s contre elles. Nous avons d\u00e9j\u00e0 vu des rochers de cette forme, \u00a7 339.\u00bb\nHere the truth of our theory is so evident, that this philosopher naturally acknowledges it without intention.\nIn his Journey to Mont Blanc, he observes, page 364,\n\u00abUn peu au del\u00e0 de Contamine on passe sous les ruines du ch\u00e2teau de Faucigny, b\u00e2ti sur le sommet d'un rocher escarp\u00e9, qui fait partie de la base du m\u00f4le. Tant qu'on est imm\u00e9diatement au dessous de ce rocher on ne d\u00e9m\u00eale pas bien sa structure; mais apr\u00e8s l'avoir passe, on peut voir \u00e0 l'aide d'une lunette, qu'il est compos\u00e9 de couches perpendiculaires \u00e0 l'horizon, et dirig\u00e9es du nord-est au sud-ouest. Au dessous de ce rocher au sud-est, on voit d'autres couches verticales, mais dont les plans coupent \u00e0 l'angle droits ceux des premiers.\n\u00abA une bonne demi-lieue de ce ch\u00e2teau on observe, comme au pied du Mont Saleve, une masse de rochers, dont les couches minces, presque perpendiculaires \u00e0 l'horizon, sont adoss\u00e9es aux escarpemens de couches \u00e9paisses et bien suivies, qui paroissent horizontales.\u00bb\nSpeaking of the Mont Brezon, our author says, page 369,\n\u00abMais le pied de cette montagne est encore, comme celui de Saleve, couvert de grandes couches presque perpendiculaires \u00e0 l'horizon et appuy\u00e9es contre le corps m\u00eame de la montagne. Et quoique le Brezon se termine \u00e2 une petite demi-lieue de la Bonne Ville, cependant ses couches qui sont appuy\u00e9es contre le pied de la cha\u00eene m\u00e9ridionale, et qui tournent ainsi le dos \u00e0 l'Arve, continuent de r\u00e9gner jusques au village de Siongy pendant l'espace de pr\u00e9s de deux lieues. Elles sont \u00e0 la verite coup\u00e9es par une petite vall\u00e9e \u00e0 l'extr\u00e9mit\u00e9 du pied du Brezon, mais elles recommencent au de l\u00e0 de cette coupure.\n\u00ab\u00a7 446. Cette petite vall\u00e9e, qui s'ouvre au pied du Brezon, est \u00e9troite et tortueuse; les angles saillans engren\u00e9es dans les angles rentrans y sont extr\u00eamement sensibles. Elle conduit au village de Brezon, qui est situ\u00e9 derri\u00e8re la montagne de ce nom.\n\u00abAu dessus de ce village sont de grands et beaux p\u00e2turages avec des chalets qui ne sont habit\u00e9s qu'en \u00e9t\u00e9, et que l'on nomme les Granges de Solaison. C'est l\u00e0 que j'allois coucher quand je visitois le Brezon et les montagnes voisines. Les granges de Solaison sont domin\u00e9es, au sud-est par le monts Vergi, cha\u00eene calcaire tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e, dont j'ai aussi parcouru les sommets qui se voyent des environs de Gen\u00e8ve, sur la droite du m\u00f4le.\n\u00abCette cha\u00eene court du nord-est au sud-ouest, et vient se terminer derri\u00e8re les montagnes qui bordent notre route \u00e0 droite.\n\u00ab\u00a7 447. On peut, des environs de Siongy, observer la structure de la derni\u00e8re montagne de cette chaine; elle est tr\u00e8s remarquable. Les couches horizontales au sommet se courbent presqu'\u00e0 angles droits, et descendent de l\u00e0 perpendiculairement du cot\u00e9 du nord-ouest. On diroit qu'elles ont \u00e9t\u00e9 ploy\u00e9es par une violent effort; on les voit s\u00e9par\u00e9es et \u00e9clat\u00e9es en divers endroits.\n\u00ab\u00a7 449. Le mole se termine \u00e0 la jonction du Giffre avec l'Arve; ses derni\u00e8res couches descendent avec rapidit\u00e9 dans le lit de cette petite riviere,\n\u00abLes montagnes qui suivent le m\u00f4le, et qui forment apr\u00e8s lui le cot\u00e9 septentrional de la vall\u00e9e de l'Arve, sont basses et indiff\u00e9rentes, une seule est remarquable par sa forme pyramidale, et par ses couches qui convergent \u00e1 son sommet, et lui donnent la forme d'un chevron.\n\u00ab\u00a7 450. La ville m\u00eame de Cluse est b\u00e2tie sur le pied d'une montagne, dont la structure est tr\u00e8s extraordinaire; on en juge mieux \u00e0 une certain distance que de la ville m\u00eame.\n\u00abCette montagne de forme conique \u00e9mouss\u00e9e, ou plut\u00f4t parabolique, est pour ainsi dire coiff\u00e9e d'une bande de rochers, qui du haut de sa t\u00eate descendent \u00e0 droite et \u00e0 gauche jusques \u00e0 son pied. Ces rochers nuds sont relev\u00e9es par le fond de verdure dont le reste de montagne est couverte. Ils sont compos\u00e9s de plusieurs bandes parall\u00e8les entr'elles; les ext\u00e9rieures sont blanches et \u00e9paisses, les int\u00e9rieures sont brunes et plus minces. Le corps m\u00eame de la montagne, dont on apper\u00e7oit \u00e7\u00e0 et l\u00e0 les rochers au travers du bois, qui les couvre, paroi compos\u00e9 de couches irr\u00e9guli\u00e8res et diversement inclin\u00e9es. On pourroit soup\u00e7onner que cette bande n'est que le reste d'une esp\u00e8ce de callote qui vraisemblablement couvroit autrefois toute la montagne.\n\u00ab\u00a7 463. Des que l'on est sorti de la ville de Cluse, on voit en se retournant sur la droite, les rochers en surplomb sous lesquels on a pass\u00e9 avant de traverser l'Arve. On distingue d'ici le profil des couches de ces rochers; et on reconnoit qu'elles sont presque perpendiculaires \u00e0 l'horizon.\n\u00abCes couches sont adoss\u00e9es \u00e0 d'autres couches calcaires et verticales comme elles, mais qui sont la continuation de couches \u00e0-peu-pr\u00e8s horizontales: on diroit qu'une force inconnue a ploy\u00e9 \u00e0 angles droits l'extr\u00e9mit\u00e9 de ces couches, et les a ainsi contrainte \u00e0 prendre une situation verticale.\n\u00ab\u00a7 467. Si du grande chemin qui est au pied de la caverne, on jette les yeux sur le rocher dans lequel est son ouverture, on observera que les bancs de ce rocher sont tr\u00e8s \u00e9pais, et compos\u00e9s d'une pierre calcaire grise; qu'au dessus cette pierre grise on en voit une autre de couleur brune, dont les couches font tr\u00e8s minces; mais qui par leur r\u00e9p\u00e9tition forment une \u00e9paisseur consid\u00e9rable.\n\u00abCes couches de pierres \u00e0 feuillets minces, continuent jusques \u00e0 Sallanches et au de l\u00e0; et sont renferm\u00e9es par dessus et par dessous entre des bancs de pierre grise compacte et \u00e0 couches \u00e9paisses. Quelquefois la pierre grise qui sert de base, ou comme disent les mineurs, de plancher \u00e0 la brune, s'enfonce et alors celle-ci paroit \u00e0 fleur de terre; ailleurs cette pierre grise se rel\u00e8ve et porte la brune \u00e0 une grande hauteur.\n\u00abCette pierre brune et feuillet\u00e9e est comme la grise de nature calcaire; mais un m\u00e9lange d'argile, et peut-\u00eatre un peu de mati\u00e8re grasse ou phlogistique lui donnent sa couleur brune et la disposent \u00e0 se rompre en fragmens angulaires et \u00e0 cot\u00e9s plans.\n\u00abCe genre de pierre est fort sujet \u00e0 avoir ses couches fl\u00e9chies ou ond\u00e9es en forme de S de Z ou de C. Pr\u00e8s de la caverne, on, voit une lacune dans le milieu des bancs du roc gris; les couches minces ont rempli cette lacune, mais elles sont dans cet espace extr\u00eamement tourment\u00e9es. On comprend que ce vide et ce remplacement, se sont faits dans le temps m\u00eame de la formation de ces rochers.\u00bb\nWe have the following description of the Cascade Mountain, p. 396.\n\u00abLes couches de cette montagne sont la continuation des couches sup\u00e9rieures du rocher de la cascade, et forment des arcs concentriques, tourn\u00e9s en sens contraire; en sorte que la totalit\u00e9 de ces couches a la forme d'une S, dont la partie sup\u00e9rieure se recourbe fort en arri\u00e8re.\n\u00abLe rocher de la cascade, repr\u00e9sent\u00e9 par la planche IV. est tout calcaire; les couches, qui sont au dessous des lettres d et e, sont compos\u00e9es de ce roc gris compact dont les bancs, comme nous l'avons vu plus haut, sont ordinairement \u00e9pais, mais les couches ext\u00e9rieures entre e et f, sont du roc brun \u00e0 couches minces, dont nous avons aussi parl\u00e9. Ces m\u00eame couches minces se voyent encore \u00e0 l'intersection de perpendiculaire qui passent par lettres a et e.\n\u00abIci dont c'est le roc gris qui est renferm\u00e9 entre deux bancs de roc brun au lieu qu'aupr\u00e8s de la caverne, c'\u00e9toit le roc brun, qui \u00e9toit resserr\u00e9 entre deux bancs de roc gris; mais cette diff\u00e9rence n'est pas ce qu'il y a de plus difficile \u00e0 expliquer; c'est la forme arqu\u00e9e de ces grandes couches dont il faudroit rendre raison.\u00bb\nHaving measured this rock geometrically, the result is as follows:\n\u00abLe plus grand des arcs de cercle que forment ces couches ext\u00e9rieures de ce rocher, a donc pour corde une ligne d'environ 800 pieds: dans toute cette \u00e9tendue, ces couches de m\u00eame que les int\u00e9rieures sont suivies sans interruption.\n\u00abJe dois cependant avertir, qu'en avant du rocher de la cascade \u00e0 la hauteur de la lettre a, et au dessous, on voit des couches d\u00e9tach\u00e9es des circulaires, et ind\u00e9pendantes d'elles; ce sont de plans inclin\u00e9s en appui contre le corps de la montagne, semblables \u00e0 ceux que j'ai observ\u00e9 au pied du mont Saleve, et d'une formation vraisemblablement plus r\u00e9cente que le corps m\u00eame de la montagne.\n\u00abMais derri\u00e8re ces plans, on voit les couches arqu\u00e9es, qui sont horizontales dans le bas, servir de base au rocher, se relever ensuite sur la droite, et venir en tournant former le faite de ce m\u00eame rocher.\u00bb\n\u00abIt may be interesting to hear our author's reasoning upon this subject, more especially as it will give more faith or light, if it were possible, to his descriptions, which are irreproachable.\n\u00ab\u00a7 473. Il s'agiroit \u00e0 present de dire quelle force a pu donner \u00e0 ces couches cette situation; comment elles out pu \u00eatre retrouss\u00e9es de fa\u00e7on que les plus basses soient devenues les plus \u00e9lev\u00e9es?\n\u00abLa premi\u00e8re id\u00e9e qui se pr\u00e9sente est celle des eaux souterrains. Ce qui pourroit m\u00eame faire soup\u00e7onner que ces couches ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9ellement relev\u00e9es par une force souterraine c'est que, sur la droite du rocher qu'elles forment, il y \u00e0 un vide ou il manque \u00e0 peu-pres ce qu'il faudroit pour former la hauteur de la cascade; car la montagne que l'on voit sous les lettres g et h, est sur une ligne beaucoup plus recul\u00e9e. Sur la droite de ce vide ces couches recommencent sur la ligne de celles qui sont recourb\u00e9es; on les voit coup\u00e9es \u00e0 pic de leur cot\u00e9, avec les m\u00eames couleurs, la m\u00eame \u00e9paisseur, mais dans une situation horizontale.\n\u00abJ'ai observ\u00e9 dans plus d'une montagne des couches ainsi retrouss\u00e9es, aupres desquelles on voit le vide qu'elles paroissent avoir laiss\u00e9 en se repliant sur elles m\u00eames.\n\u00abDans l'ober Hasli la vall\u00e9e de Meiringen au dessus du village de Stein.\n\u00abDans le canton de Uri, sur le bords du lac de Lucerne, on en voit aussi plusieurs exemples bien distincts.\n\u00abUne montagne plus rapproch\u00e9e de notre cascade, et qui presente aussi ce ph\u00e9nom\u00e8ne, est situ\u00e9e derri\u00e8re elle au nord-est entre le village de Seiz et les granges des Fonds. Cette montagne porte le nom d'Anterne. Elle est plus \u00e9lev\u00e9e que celle du Nant d'Arpenaz, ses couches forment des arcs concentriques plus grands et plus recourb\u00e9s encore, et l'on voit de m\u00eame \u00e0 leur droite un vide qu'elles semblent avoir laiss\u00e9 en se levant et se repliant sur la gauche.\n\u00abMais malgr\u00e9 ces observations, ce n'est pas sans peine que j'ai recours \u00e0 ces agens presque sur-naturelles, sur-tout quand je n'aper\u00e7ois aucun de leurs vestiges; car cette montagne et celle d'alentour ne laissent apercevoir aucune trace du feu. Je laiss\u00e9 donc cette question en suspens; j'y reviendrai plus d'une fois, et m\u00eame avant la fin de ce chapitre.\n\u00abIl faut \u00e0 present jetter un coup-d'oeil sur les montagnes de l'autre cot\u00e9 de l'Arve.\n\u00ab\u00a7 474. Vis-\u00e0-vis de la cascade de l'autre cot\u00e9 de la rivi\u00e8re, on voit un chaine de montagnes extr\u00eamement \u00e9lev\u00e9es, qui pr\u00e9sentent leurs escarpemens au dessus de Sallenche, et contre le Mont Blanc. Leurs couches descendent par cons\u00e9quent vers la vall\u00e9e du Reposoir, situ\u00e9e \u00e0 leur pied au nord-ouest.\n\u00abMais au pied des escarpemens de cette m\u00eame chaine, on voit une rang\u00e9e de bases montagnes paralleles \u00e0 sa direction, inclin\u00e9es en appui contre ses escarpemens et qui descendent en pente douce vers Sallenche; de m\u00eame encore une fois qu'au mont Saleve.\n\u00ab\u00a7 475. De la cascade jusques \u00e0 St Martin, on voit fr\u00e9quemment \u00e0 sa gauche des couches singuli\u00e8rement contourn\u00e9es, et toujours dans cette esp\u00e8ce de pierre calcaire brune que nous suivons depuis si long-tems. Quelques-unes de ces couches forment presqu'un cercle entier, les plus remarquables sont \u00e0 une demi-lieue de la cascade. Elles repr\u00e9sentent des arcs dont les convexit\u00e9s se regardent \u00e0 peu pr\u00e8s comme dans un X; mais avec des plans situes obliquement entre les deux convexit\u00e9s, et des couches planes et horizontales imm\u00e9diatement au-dessus de l'arc de la gauche.\n\u00abCes diverses couches sont si bien suivies dans tous leurs contours, et si singuli\u00e8rement entrelac\u00e9es que j'ai peine \u00e0 croire qu'elles ayent \u00e9t\u00e9 form\u00e9es dans une situation horizontale, et qu'ensuite des bouleversemens leur ayent donn\u00e9 ces positions bizarres.\n\u00abD\u00e9j\u00e0 il faudroit supposer que ces bouleversemens se sont faits dans un tems ou ces couches \u00e9toient encore molles et parfaitement flexibles, car on n'y voit rien de rompu, leurs courbures, m\u00eame les plus angulaires, sont absolument enti\u00e8res.\n\u00abEnsuite il faudroit, que ces couches, dans cet \u00e9tat de mollesse, eussent \u00e9t\u00e9 froiss\u00e9es et contourn\u00e9es d'une maniere tout-\u00e0-fait \u00e9trange, et presqu'impossible \u00e0 expliquer en d\u00e9tail. D'ailleurs des explosions souterraines rompent, d\u00e9chirent, et ne soul\u00e8vent pas avec le m\u00e9nagement qu'exigeroit la conservation de continuit\u00e9 de toutes ces parties.\n\u00abLa crystallization peut seul, \u00e0 mon avis, rendre raison de ces bizarreries; nous voyons, comme je l'ai d\u00e9j\u00e0 dit, des alb\u00e2tres form\u00e9s pour ainsi dire sous nos yeux par de vrayes crystallizations dans les crevasses, et dans les cavernes des montagnes, presenter des couches dans lesquelles on observe des jeux tout aussi singuliers 2.\u00bb\n\u00abJe ne repugnerois donc pas \u00e0 croire que le rocher de la cascade a pu \u00eatre form\u00e9 dans la situation dans laquelle il se presente; si ce vuide \u00e0 sa droite, ses couches qui, bien que suivies, montrent pourtant quelques ruptures dans les flexions un peu fortes, et ses grands bancs de cette pierre grise compacte, qui n'est point si sujette \u00e0 ces formes bizarres, n'\u00e9stablissoient pas une difference sensible entr'elles et celles que nous venons examiner.\u00bb\nIt is impossible to be more impartial than M. de Saussure has proved himself to be on this occasion, or to reason more in the manner in which every philosopher ought to reason on all occasions.\nBut to see the full value of this author's impartiality, notwithstanding of his system, let us follow him in the second volume of Voyages dans les Alpes. It is in chap. XX. entitled, Poudingues de Valorsine, that we find the following description, with his reasoning upon that appearance.\n\u00abOn voit la (page 99.) que la base de cette montagne est un vrai granit gris \u00e0 grains m\u00e9diocres, et dont la structure n'a rien de distinct; mais au-dessus de ces granits on trouve des roches feuillet\u00e9es quartzeuses m\u00e9lang\u00e9es de mica et de feldspath genre moyenne entre le granit vein\u00e9 et la roche feuillet\u00e9e ordinaire. Leurs couches courent du nord au sud, comme la vall\u00e9e de Valorsine, et font avec l'horizon un angle de 60 degr\u00e9s, en s'appuyant au couchant contre cette m\u00eame vall\u00e9e. Ces roches continuent dans la m\u00eame situation jusques \u00e0 ce qu'apres une demi-heure de marche, on les perd de vue sous la verdure qui tapisse une petite plaine, situ\u00e9e au milieu des bois, et qui se nomme le plan des Cebianes.\n\u00ab\u00a7 689. De-l\u00e0, en montant obliquement du cot\u00e9 du sud, on rencontre de grands blocs d'un schiste gris ou de couleur de lie-de-vin, quelquefois m\u00eame d'un violet decid\u00e9, qui renferment une grande quantite de cailloux \u00e9trangers, les uns angulaires, les autres arrondis, et de diff\u00e9rentes grosseurs, depuis celle d'un grain de sable jusqu'\u00e0 celle de la t\u00eate. Je fus curieux de voir ces poudingues dans leur lieu natal; je montai droit en haut pour y arriver; mais l\u00e0 quel ne fut pas mon \u00e9tonnement de trouver leur couches dans une situation verticale!\n\u00ab\u00a7 690. On comprendra sans peine la raison de cet \u00e9tonnement si l'on consider\u00e9 qu'il est impossible que ces poudingues aient \u00e9t\u00e9 form\u00e9es dans cette situation.\n\u00abQue des particules de la plus extr\u00eame t\u00e9nuit\u00e9, suspendues dans un liquide, puissent s'agglutiner entr'elles et former des couches verticales, c'est ce que nous avons la preuve en fait dans les alb\u00e2tres, les agathes, et m\u00eame dans les crystallizations artificielles. Mais qu'une pierre toute form\u00e9e, de la grosseur de la t\u00eate, se soit arr\u00eat\u00e9e au milieu d'une parois verticale, et ait attendu l\u00e0 que les petites particules de la pierre vinssent l'envelopper, la souder et la fixer dans cette place, c'est une supposition absurde et impossible. Il faut donc regarder comme une chose d\u00e9montr\u00e9e, que ces poudingues ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9s dans une position horizontale, ou \u00e0 peu-pr\u00e8s telle, et redress\u00e9s, ensuite apr\u00e8s leurs endurcissement. Quelle est la cause qui les a redress\u00e9s? c'est ce que nous ignorons encore; mais c'est d\u00e9j\u00e0 un pas, et un pas important, au milieu de la quantit\u00e9 prodigieuse de couches verticales que nous rencontrons dans nos Alpes, que d'en avoir trouv\u00e9 quelques-unes dont on soit parfaitement s\u00fbr qu'elles ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9es dans une situation horizontale.\n\u00ab\u00a7 691. La nature m\u00eame de la mati\u00e8re qu'enveloppe les cailloux de ces poudingues rend ce fait plus curieux et plus d\u00e9cisif. Car si c'\u00e9toit une p\u00e2te informe et grossi\u00e8re, on pourroit croire que ces cailloux et la p\u00e2te qui les lie ont \u00e9t\u00e9 jet\u00e9s p\u00eale-m\u00eale dans quelques crevasses verticales, o\u00f9 la partie liquide c'est endurcie par le dess\u00e8chement. Mais bien loin de-l\u00e0, le tissu de cette p\u00e2te est d'une finesse admirables; c'est une schiste, dont les feuillets \u00e9l\u00e9mentaires sont excessivement minces, m\u00eal\u00e9s de mica, et parfaitement parall\u00e8les aux plans qui divisent les couches de la pierre. Ces couches m\u00eames sont tr\u00e8s-r\u00e9guli\u00e8res, bien suives et de diff\u00e9rentes \u00e9paisseurs, depuis une demi pouce jusques \u00e0 plusieurs pieds. Celles qui sont minces contiennent peu et quelquefois point de cailloux \u00e9trangers, et on observe quelques alternatives de ces couches minces sans cailloux et des couches \u00e9paisses qui en contiennent. La couleur du fond de ce schiste varie beaucoup; il est ici gris, l\u00e0 verd\u00e2tre, le plus souvent violet ou rouge\u00e2tre; on en voit aussi qui est marbr\u00e9 de ces diff\u00e9rentes couleurs. Ses couches sont dirig\u00e9es du nord au sud exactement comme celles des roches granito\u00efdes qui sont au-dessous, \u00a7 688. mais l'inclinaison du schiste est beaucoup plus grande, ses couches sont souvent tout-\u00e0-fait verticales, et lorsqu'elles ne le sont pas, elles montent de quelques degr\u00e9s du m\u00eame cot\u00e9 que les roches dont je viens de parler; c'est-\u00e0-dire, du cot\u00e9 de l'ouest.\n\u00ab\u00a7 692. Les cailloux enclav\u00e9s dans ce schiste sont, comme je l'ai dite, de diff\u00e9rentes grandeurs, depuis celle du grain de sable, jusques \u00e0 6 ou 7 pouces de diam\u00e8tre; ils appartiennent tous \u00e0 la classe des roches que j'appelle primitives; je n'y ai cependant pas vu de granit en masse; seulement des granits feuillet\u00e9s, des roches feuillet\u00e9es, m\u00e9lang\u00e9es de quartz et de mica; des fragmens m\u00eame de quartz pur; mais absolument aucun schiste purement argileux, ni aucune pierre calcaire, rien qui f\u00eet effervescence avec l'eau-forte, et la p\u00e2te m\u00eame qui renferme ces cailloux n'en fait aucune. Leur forme varie; les uns sont arrondis et ont manifestement perdu leurs angles par le frottement; d'autres ont tous leurs angles vifs, quelques uns m\u00eame ont la forme rhombo\u00efdale qu'affectent si fr\u00e9quemment les roches de ce genre. Dans les parties de la pierre ou ces cailloux \u00e9trangers sont entass\u00e9s en tr\u00e8s-grand nombre, les \u00e9l\u00e9mens du schiste n'ont pas eu la libert\u00e9 de s'arranger et de former des feuillets parall\u00e8les; mais par-tout o\u00f9 les cailloux laissent entr'eux des intervalles sensibles, les feuillets reparoissent, et sont constamment paralleles, et entr'eux et aux plans qui divisent les couches.\n\u00ab\u00a7 693. Les bancs de ces schistes poudingues forment dans la montagne une \u00e9paisseur d'environ cent toises, compt\u00e9es de l'est \u00e0 l'ouest transversalement aux couches, et je l'ai suivie dans le sens de la longueur l'espace de plus d'une lieue; on ne peut pas la suivre plus long-temps, parce que les bancs se cachent et s'enfoncent sous la terre.\u00bb\nHere M. de Saussure, who is always more anxious to establish truth, than preserve theory, gives up the formation of the alpine strata by crystallization. Let us now see how he acknowledges the evidence of softness in those strata. It is in his description of the Val de Mont Joye, Tom. 2d. page 173.\n\u00abCe sont des roches dures \u00e0 fond de quartz, ou de feldspath blanc, confus\u00e9ment cristallis\u00e9, avec des veines noires de mica ou de schorl en petites lames. Ces veines, qui p\u00e9n\u00e8trent tout au travers de la pierre, sont la section des couches dont elle est compos\u00e9e; on les voit, ici planes et parall\u00e8les, entr'elles; la en zig-zags, renferm\u00e9s entre de plans parfaitement parall\u00e8les; accident dont les \u00e9toffes tout-\u00e0-la-fois ray\u00e9es et chin\u00e9es donnent encore le dessin. Ces anfractuosit\u00e9s des couches sont-elles un effect de la crystallization, ou bien d'un mouvement de pression qui a refoul\u00e9 des couches planes lorsqu'elles \u00e9toient encore flexibles, apr\u00e8s quoi d'autres couches planes sont venues se former sur elles.\u00bb\nM. de Saussure has no idea of strata formed at the bottom of the sea, being afterwards softened by means of heat and fusion. He had already given up the supposition of those vertical or highly inclined strata having been formed in their present position; but had this geologist seen that it was the same cause by which those strata had both been raised in their place and softened in their substance, I am persuaded that he would have freely acknowledged, in this zig-zag shape, which is so common in the alpine strata, the fullest evidence of the softening and the elevating power.\nAt the Tour de Fols, near St Bernard, M. de Saussure found an appearance the most distinct of its kind, and worthy to be recorded as a leading fact in matters of geology. Voyages dans les Alpes, Tome 2d. pag. 454.\n\u00abLa direction g\u00e9n\u00e9ral des couches de ces rochers et des ardoises qui les s\u00e9parent, est donc du midi au nord, ou plus exactement du sud-sud-ouest au nord-nord-est; mais cette direction est coup\u00e9e \u00e0 angles droits par des couches d'ardoises et de feuillet quartzeux, qui passent du levant au couchant par le milieu des couches qui courent du midi au nord.\u00bb\nClearly as this fact must demonstrate, to a reasoning person, the fracture and dislocation of strata, our author, who knows so well the reasoning of naturalists on such an occasion, gives us his opinion as follows: \u00abQuant \u00e0 la raison de ce fait, on peut l'attribuer \u00e0 de boulversemens, et c'est ce qui me paro\u00eet le plus vraisemblable. On pourroit cependant supposer qu'il existoit au milieu de ces couches une grande fissure, qui a \u00e9t\u00e9 remplie par des couches transversales. Mais il faudroit pour cela que ce remplissage se f\u00fbt fait dans le temps m\u00eame de la formation de ce montagne, puisque les ardoises et les pyramides quartzeuses, donc la direction est transversales, sont pr\u00e9cis\u00e9ment de la m\u00eame nature que les autres; et il faudrait encore supposer, qu'elles ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9es dans la situation tr\u00e8s-inclin\u00e9e qu'on leur voit aujourd'hui; supposition que l'on aura quelque peine \u00e0 admettre.\u00bb\nIn this second volume, M. de Saussure gives us a general view with regard to the mountains which border the valley of the Rh\u00f4ne, p. 543.\n\u00ab\u00a7 1095. Cette suite de montagnes calcaire que nous avons c\u00f4toy\u00e9e depuis St Maurice jusques \u00e0 Chillon, ne presente presque nulle part des couches r\u00e9guli\u00e8res et horizontales: elles sont presque par-tout inclin\u00e9es, fl\u00e9chies, et paroissent avoir \u00e9t\u00e9 tourment\u00e9es par des causes violentes: car de simples affaissemens ne suffisent pas \u00e0 mon gr\u00e9 pour rendre raison de toutes leurs formes. Leurs escarpemens sont aussi assez irr\u00e9guli\u00e8rement situ\u00e9s; la plus grande partie d'entr'eux paro\u00eet cependant tourn\u00e9e du c\u00f4t\u00e9 de la vall\u00e9e du Rh\u00f4ne.\n\u00abLa suite des montagnes qui correspond \u00e0 celle-ci sur la rive gauche du Rh\u00f4ne et du lac est aussi calcaire, et \u00e0-peu-pres aussi irr\u00e9guli\u00e8re. La plupart de ces montagnes, celles surtout qui sont les plus voisines du lac, sont escarp\u00e9es, et du cot\u00e9 du lac et de celui du Rh\u00f4ne. Les vall\u00e9es qui les s\u00e9parent paroissent les diviser en cha\u00eenes paralleles au lac, qui courent du nord-est au sud-ouest. Les plus voisines du lac sont escarp\u00e9es contre lui, comme je viens de le dire, tandis que les plus \u00e9loign\u00e9es du lac, ou les plus proches du centre des Alpes, sont inclin\u00e9es contre ces m\u00eames Alpes. Le Val de lie s\u00e9pare ces deux ordres de montagnes: cette vall\u00e9e riche et fertile a la forme d'un berceau; les deux cha\u00eenes qui la bordent s'\u00e9l\u00e8vent en pente douce de son c\u00f4t\u00e9, et tournent leurs escarpemens, l'une contre le lac, l'autre contre les Alpes; au reste je n'ai point parcouru ces montagnes, je n'ai pu en juger qu'en les observant de loin.\n\u00abMais ce dont on peut \u00eatre certain, c'est que, si les montagnes qui bordent ces deux rives de la vall\u00e9e du Rh\u00f4ne, se ressemblent par leur nature, qui est calcaire de part et d'autre elles ne se ressemblent point par leur structure. On n'y voit aucune correspondance, ni dans les positions, ni dans les formes: Les vall\u00e9es qui les s\u00e9parent ne se correspondent pas non plus. Ce d\u00e9faut de correspondance me paro\u00eet encore r\u00e9veiller l'id\u00e9e des bouleversemens.\u00bb\nThe general result, from these observations of our author, is this. First, there is no distinction to be made of what is termed primary and secondary mountains, with regard to the position of their strata; every different species of stratum, from the stratified granite and quartzy schistus of the Alps to the oolites of the Jura and Saleve, being found in every respect the same; whether this shall be supposed as arising from their original formation, or, according to the present theory, from a subsequent deplacement of strata formed originally in a horizontal situation.\nSecondly, it appears that, in all those alpine regions, the vertical position of strata prevails; and that this appearance, which seems to be as general in the alpine regions of the globe as it is here in the mountainous regions of the Alps, has been brought about both by the fracture and flexure of those masses, which, if properly strata, must have been originally extended in planes nearly horizontal. Whereas, in descending from that mountainous region towards the more level country of France, the same changes in the natural position of strata are observed, with this difference, that here they are in a less degree. Now that those vertical strata had been originally formed at the bottom of the sea is evident from this author's observation, which has been already referred to (vol. 1st, page 23).\nThirdly, in all those accurate observations of a naturalist, so well qualified for this purpose, there appears nothing but what is perfectly consistent with such a cause as had operated by slow degrees, and softened the bodies of rocks at the same time that it bended them into shapes and positions inconsistent with their original formation, and often almost diametrically opposite to it; although there appeared to our author an insurmountable difficulty in ascribing those changes to the operation of subterranean fire, according to the idea hitherto conceived of that agent.\nThis grand mineral view of so large a tract of country is the more interesting, in that there has not occurred the least appearance of volcanic matter, nor basaltic rock, in all that space, where so great manifestation is made of those internal operations of the globe by which strata had been consolidated in their substance, and erected into positions the most distant from that in which they had been formed.\nIt is peculiarly satisfactory to me, and I hope also to my readers, to have the observations of so able a philosopher and so diligent a naturalist to offer in confirmation of a theory which had been formed from appearances of the same kind in a country so far distant from those of our author now described, as are the Alps of Savoy from those of Scotland. It gives me a singular pleasure, in thus collecting facts for the support of my opinion, to contribute all I can to recommend the study of a work in natural history the most exemplary of its kind; and a work which will remain the unalterable conveyance of precious information when theories making a temporary figure may be changed.\nTo a person who understands the present theory, there can be no occasion here to give the particular applications which will naturally occur in reading those various descriptions. In these examples are contained every species of bending, twisting, and displacement of the strata, from the horizontal state in which they had been originally formed to the vertical, or even to their being doubled back; and although M. de Saussure had endeavoured to reason himself into a belief of those inverted strata having been formed in their present place, it is evident that he had only founded this opinion upon a principle which, however just, may here perhaps be found misplaced; it is that of not endeavouring to explain appearances from any supposition of which we have not full conviction. I flatter myself, that when he shall have considered the arguments which have here been employed for the manifold, the general operations of subterranean fire, as well as for the long continued operations of water on the surface of the erected land, he will not seek after any other explanation than that which had naturally occurred to himself upon the occasion, and which he most ingenuously declares to have great weight, although not sufficient to persuade him of its truth.\nv2:1 This correspondency in the shape of the primitive and secondary mountains of our author, of which the structure is the same, is an important observation for our theory, which makes the origin of those two different things to be similar; it is inconsistent, however, with the notion of primitive parts, which some philosophers have entertained.\nv2:2 M. de Saussure would explain the various shape and contortions of strata upon the principles of crystallization; but surely he has not adverted to the distinction of crystallization as an operation giving form or shape, and as giving only solidity or hardness, which last, it is apprehended, is the only sense in which our author here considers crystallization, although, from the way in which he has employed this principle, it would seem that it is the figure which is to be explained by it. This conjecture is supported by the example of alabaster or stalactites, with which he compares the section of those mountains; for, in the example of implicated figures of the stalactite marble, similar to those of the present distorted strata, crystallization has nothing to do with that part of the figure which corresponds to the case now under consideration; it forms indeed certain figures of crystals in the mass by which also the configuration of some minute parts, affected by those crystals, is determined; but the figure of those alabasters, which is to be compared with the present subject, arises solely from the current of petrifying water along the surface of the mass. This mass, therefore, being formed by succession from that water, crystallising calcareous earth, and carrying colouring parts of other earth, gives an appearance of stratification to a figure which is absolutely inconsistent with stratification; an operation which is performed by depositing materials at the bottom of the sea, and which the marine bodies contained in some of the strata sufficiently attest.","title":"Theory of the Earth: Theory of the Earth [1795], Vol. II ...","type":"page"}
