{"collection":"earth","html_url":"https://unchartedknowledge.5gfusion.net/browse/earth/toe/toe26.htm","path":"earth/toe/toe26.htm","source_url":"https://sacred-texts.com/earth/toe/toe26.htm","text":"Theory of the Earth, by James Hutton, [1788 and 1795]\nThe same Subject continued, with examples\n from different Countries.\nOur theory, it must be remembered, has for principle, that all the alpine as well as horizontal strata had their origin at the bottom of the sea, from the deposits of sand, gravel, calcareous and other bodies, the materials of the land which was then going into ruin; it must also be observed, that all those strata of various materials, although originally uniform in their structure and appearance as a collection of stratified materials, have acquired appearances which often are difficult to reconcile with that of their original, and is only to be understood by an examination of a series in those objects, or that gradation which is sometimes to be perceived from the one extreme state to the other, that is from their natural to their most changed state. M. de Saussure who will not be suspected of having any such theory in his view, will be found giving the most exemplary confirmation to that system of things.\nI would therefore beg leave farther to transcribe what he has observed most interesting with regard to that gradation of changed strata. It is in the high passage of the Bon-Homme, tom. 2. p. 179.\n\u00abDepuis le col, dont je viens de parler, jusqu'a la croix, qui suivant l'usage, est plac\u00e9e au point le plus \u00e9lev\u00e9 du passage, on a trois quarts de lieue, ou une petite heure de route, dans laquelle on traverse des gr\u00e8s, des br\u00e8ches calcaires, des pierres calcaires simples de couleur grise, d'autres calcaires bleu\u00e2tres et des ardoises: ces alternatives se r\u00e9p\u00e8tent \u00e0 plusieurs reprises. Parmi ces gr\u00e8s on en trouve qui renferment des cailloux roul\u00e9s, et qui font effervescence avec les acides; d'autres qui ne renferment point de cailloux, et qui ne font point d'effervescence.\n\u00abQuelques-uns de ces gr\u00e8s m'out paru remarquables par leur ressemblance avec des roches feuillet\u00e9es; ils sont compactes m\u00eal\u00e9s de mica; un suc quartzeux remplit tous les interstices de leurs grains, et leur donne une duret\u00e9 et une solidit\u00e9 singuliers; il n'y a personne, qui en voyant des morceaux d\u00e9tach\u00e9s de cette pierre, ne la pr\u00eet pour une roche feuillet\u00e9e; mais quand on la trouve dans le lieu de sa formation, et qu'on voit les gradations qui la lient avec des gr\u00e8s indubitables, par exemple avec ceux qui renferment des cailloux roul\u00e9s, on ne peut plus douter de sa nature. Ces couches sont en g\u00e9n\u00e9ral inclin\u00e9es de 30 degr\u00e9s en descendant au sud-est.\u00bb\nOur author would here make a distinction of the roche feuillet\u00e9e and the gr\u00e8s; the one he considers as primitive, and as having had an origin of which we are extremely ignorant; the other he considers as a secondary thing, and as having been formed of sand deposited at the bottom of moving water, and afterwards becoming stone. This great resemblance, therefore, of those two things so different in the opinion of naturalists, struck him in that forcible manner. Nothing can be a stronger confirmation of the present theory, which gives a similar origin to those two different things, than is the observation of so good a naturalist, finding those two things in a manner undistinguishable.\nHe thus proceeds: \u00abJ'ai vu dans les Vosges de tr\u00e8s-beaux gr\u00e8s du m\u00eame genre; ils ne ressembloient cependant pas autant \u00e0 des roches primitives, parce qu'ils ne contenoient pas de mica. Mais ce qu'il y a ici de plus digne d'attention, et que l'on ne voit point dans les Vosges, c'est de trouver des gr\u00e8s de cette nature renferm\u00e9s entre des bancs de pierre calcaire. Cependant plus ces gr\u00e8s s'\u00e9loignent de la roche primitive, qui forme la base de la montagne, et moins ils sont solides et quartzeux jusqu'\u00e0 ce qu'enfin les plus \u00e9lev\u00e9s font effervescence avec l'eau-forte.\u00bb\nHere again the alpine lime-stones, which, according to the present naturalists, should be primitive, are plainly homologated in their origin with strata formed of sand.\nOur author proceeds, (p. 181,) \u00a7 765, \u00abLe haut du passage du Bon-Homme, au pied de la croix est d'ardoises minces m\u00eal\u00e9es de feuillets de quartz. En descendant au Chapiu, on trouve ces m\u00eames ardoises alternant avec des couches de gr\u00e8s mince feuillet\u00e9, m\u00eal\u00e9 de mica, puis des calcaires simples, puis des br\u00e8ches calcaires qui renferment des fragmens calcaires \u00e0 angles vifs. Toutes ces couches descendent au sud-est suivant la pente de la montagne, mais avec un peu plus de rapidit\u00e9.\n\u00abComme cette montagne est absolument d\u00e9garnie d'arbres, on y voit d'un coup-d'oeil les progr\u00e8s de l'action des eaux. Des sillons \u00e0 peine visibles dans le haut, s'\u00e9largissent et s'approfondissent graduellement vers le bas, o\u00f9 ils forment enfin des ravines profondes, que l'on pourrait presque nommer des vall\u00e9es. Ces sillons ramifies sur toute la pente de la montagne et remplis encore de neige, tandis que leurs intervalles sont couverts de gazon, forment sur ce fond verd une broderie blanche, dont l'effet est extr\u00eamement singulier. Lorsque je passai l\u00e0, le 13 Juillet 1774, tous les enfoncemens de ces neiges \u00e9toient couverts de la poudre rouge que j'ai d\u00e9crite \u00a7 646.\n\u00abVers la bas de la descente, on trouve des chalets que je m'\u00e9tonnai de voir construits en pierres de taille, d'une forme tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8re; je demandai la raison de cette recherche, peu commune dans les montagnes, et j'appris que c'\u00e9toit la nature qui avoit fait tous les frais de cette taille. Effectivement je trouvai un peu plus bas une profonde ravine, creus\u00e9e par les eaux dans des couches d'un beau gr\u00e9s qui se divise de lui-m\u00eame, et que l'on voit dans sa position originelle actuellement divise en grands parall\u00e9l\u00e9pip\u00e8des rectangles. Est-ce une retraite op\u00e9r\u00e9e par le dess\u00e8chement, ou n'est-ce pas plut\u00f4t l'affaissement successif des couches qui les a divis\u00e9es de cette mani\u00e8re? C'est ce que je ne d\u00e9ciderai pas dans ce cas particulier.\u00bb\nThe only thing which, in this particular case, makes our author express his wonder, is the extreme regularity of these natural divisions of stone; for, the same appearances are to be found in every case of consolidated strata, though not always with such extreme regularity. But this is one of the most irrefragable arguments for those various bodies having been consolidated by means of heat and fusion. The contraction of the mass, consolidated by fusion or the effect of fire, is the cause of those natural divisions in the strata; and the regularity, which is always to be observed more or less, depends upon the proper circumstances of the case, and the uniform nature of the mass.\n(Page 184.) \u00abLe matin avant de partir du Chapiu, j'allai voir si les beaux gr\u00e8s rectangulaires, que j'avois observ\u00e9s la veille descendoient jusqu'au bas de la montagne; j'y trouvai effectivement des gr\u00e8s mais \u00e0 couches minces, et qui ne se divisoient point avec r\u00e9gularit\u00e9; en revanche, je vis des couches de ce gr\u00e9s ploy\u00e9es et reploy\u00e9es en zig-zags, comme celles que j'avois rencontr\u00e9es aux contamines, \u00a7 755, et ces couches ond\u00e9es \u00e9toient aussi renferm\u00e9es entre de couches planes et parall\u00e8les. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne est bien plus rare dans les gr\u00e8s, que dans les roches feuillet\u00e9es proprement dites.\u00bb\nThus every appearance is found by which the primitive schisti are perfectly resembled, both as to their original formation and their accidents, with the strata, which are acknowledged by naturalists as being the common operation of the sea.\nOur author then gives an account of the Passage de Fours, in which he makes the following observations:\n\u00ab\u00a7 776. Tout pr\u00e8s du sommet du Col, on rencontre de beaux bancs de gr\u00e8s jaun\u00e2tre qui sortent de dessous la pierre calcaire, et qui pourtant ne font aucune effervescence avec les acides.\n\u00ab\u00a7 777. Je mis deux heures et trois quarts \u00e0 monter depuis le hameau du Glacier jusqu'au haut du Col, d'o\u00f9 l'on descend \u00e0 la croix du Bon-Homme. J'envoyai mes mulets m'attendre \u00e0 cette croix, et je m'acheminai avec Pierre Balme sur ma droite, pour atteindre le faite de la montagne dont la cime arrondie me paroissoit devoir dominer sur toutes les montagnes d'alentour. J'ai donn\u00e9 \u00e0 cette sommit\u00e9, qui n'avoit point de nom, celui de Cime des Fours, \u00e0 cause du passage qu'elle domine. De grandes plaques de neige couvroient en divers endroits la route que j'avois \u00e0 faire pour y aller; le roc se montroit cependant assez pour que l'on p\u00fbt reconno\u00eetre sa nature.\n\u00ab\u00a7 778. Je traversai d'abord des couches des gr\u00e8s qui \u00e9toient la continuation de celles dont je viens de parler, \u00a7 776. Je trouvai ensuite des bancs d'une esp\u00e8ce de poudingue grossier, dont le fond \u00e9toit ce m\u00eame gr\u00e8s rempli de cailloux arrondis. Quelques uns de ces bancs se sont d\u00e9compos\u00e9s, et les eaux out entra\u00een\u00e9 les parties de sable qui lioient les cailloux, en sorte que ceux-ci sont demeur\u00e9s libres et entass\u00e9s exactement comme au bord d'un lac ou d'une rivi\u00e8re. Il \u00e9toit si \u00e9trange de marcher \u00e0 cette hauteur sur des cailloux roul\u00e9s, que Pierre Balme en t\u00e9moigna son \u00e9tonnement, m\u00eame avant, que j'en parlasse. On auroit \u00e9t\u00e9 tent\u00e9 de croire qu'une cascade tombant anciennement de quelque rocher plus \u00e9lev\u00e9, d\u00e9truit d\u00e8s-lors par le temps, avoit arrondi ces cailloux, si on n'en trouvoit pas de semblables encore enclav\u00e9s dans les couches r\u00e9guli\u00e8res du gr\u00e8s qui compose le haut de cette montagne.\n\u00ab\u00a7 779. Quoique depuis long-temps je ne doute plus que les eaux n'aient couvert et m\u00eame form\u00e9 ces montagnes, et qu'il y en ait m\u00eame des preuves plus fortes que l'existence de ces cailloux roul\u00e9s, cependant leur accumulation sur cette cime avoit quelque chose de si extraordinaire, et qui parloit aux sens un langage si persuasif, que je ne pouvois pas revenir de mon \u00e9tonnement. Si en marchant sur ces cailloux, et en les observant, j'oubliois pour un moment le lieu o\u00f9 j'\u00e9tois, je me croyois au bord de notre lac; mais, pour peu que mes yeux s'\u00e9cartassent \u00e0 droite ou \u00e0 gauche, je voyois au-dessous de moi des profondeurs immenses; et ce contraste avoit quelque chose qui tenoit d'un r\u00eave; je me repr\u00e9sentois alors avec une extr\u00eame vivacit\u00e9 les eaux remplissant toutes ces profondeurs, et venant battre et arrondir \u00e0 mes pieds ces cailloux sur lesquels je marchois, tandis que les hautes aiguilles formoient seules des isles au-dessus de cette mer immense; je me demandois ensuite quand et comment ces eaux s'\u00e9toient retir\u00e9es. Mais il fallut m'arracher \u00e0 ces grandes sp\u00e9culations et employer plus utilement mon temps \u00e0 l'exacte observation de ces singuliers ph\u00e9nom\u00e8nes.\u00bb\nThe fact here worthy of observation is the effect of time in decomposing this gr\u00e8s, or sand-stone, which contains the gravel. All the other appearances follow naturally from the situation of this place, which is a summit, and does not allow of such a collection of water as might travel or transport the loose gravel, although it has been sufficient for carrying away the sand. This decomposition of the sand stone we shall find also explained from what follows of the description of this place.\n\u00ab\u00a7 780. Tous les bancs de gr\u00e8s que l'on voit sur cette montagne ne renferment pas des cailloux roul\u00e9s; il y a des alternatives irr\u00e9guli\u00e8res, de bancs de gr\u00e9s pur, et de bancs de gr\u00e8s m\u00eal\u00e9 de cailloux. Les plus \u00e9lev\u00e9s n'en contiennent point. Le plus haut de ceux qui en renferment est un banc bien suivi d'un pied d'\u00e9paisseur, et qui monte de 30 degr\u00e9s au nord-nord-ouest.\n\u00abQuelques-uns de ces bancs, remplis de cailloux, offrent une particularit\u00e9 bien remarquable; on voit \u00e0 leur surface ext\u00e9rieure, expos\u00e9e \u00e0 l'air, une esp\u00e8ce de r\u00e9seau form\u00e9 par des veines noires solides, et saillantes de deux ou trois pouces au-dessus de la surface de la pierre; les mailles de ce r\u00e9seau sont quelquefois irr\u00e9gulieres, mais ce sont pour la plupart des quadrilat\u00e8res obliquangles, dont les c\u00f4t\u00e9s ont huit \u00e0 dix pouces de longueur. Comme ces pierres ont toutes un tendance \u00e0 se partager en rhombo\u00efdes, il paro\u00eet qu'il y a eu anciennement des fentes qui divisoient les bancs en parties de cette forme; et que ces fentes ont \u00e9t\u00e9 remplies par du sable qui a \u00e9t\u00e9 ciment\u00e9 par un suc ferrugineux; ce gluten solide a rendu ces parties plus dures que le reste de la pierre; et lorsque les injures de l'air ont rong\u00e9 la surface de ces bancs, les mailles du r\u00e9seau sont demeur\u00e9es saillantes.\n\u00abLes cailloux arrondis, qui out \u00e9t\u00e9 long-temps expos\u00e9s \u00e0 l'air, out aussi pris par dehors une teinte noir\u00e2tre ferrugineuse, mais ceux qui sont encore renferm\u00e9s dans les bancs de gr\u00e9s ont comme lui une couleur jaun\u00e2tre. Je n'en trouvai l\u00e0 aucun qui ne fut de nature primitive, et la plupart \u00e9toient de feldspath gris ou roux tr\u00e8s-dur, et confus\u00e9ment crystallis\u00e9. Ce sont donc des pierres qui n'ont point naturellement une forme arrondie; et qui, par cons\u00e9quent, ne tiennent celle qu'elles ont ici, que du roulement, et du frottement des eaux.\n\u00abTous ces gr\u00e8s font effervescence avec l'eau-forte, mais les parties du r\u00e9seau ferrugineux en font beaucoup moins que le fond m\u00eame du gr\u00e8s. De m\u00eame si l'on compare entr'eux les gr\u00e8s qui renferment des cailloux avec ceux qui n'en contiennent pas, on trouve dans ceux-ci plus de gluten calcaire, l'eau-forte diminue beaucoup plus leur coh\u00e9rence.\n\u00abSur la cime m\u00eame de la montagne, ces gr\u00e8s sont recouverts par une ardoise grise, luisante, qui s'exfolie \u00e0 l'air. Et si l'on redescend de cette m\u00eame cime par le nord-est, du c\u00f4t\u00e9 oppos\u00e9 au passage des Fours, on retrouvera des bancs d'un gr\u00e8s parfaitement semblable, et qui se divisent l\u00e0 d'eux-m\u00eames en petits fragmens parall\u00e9l\u00e9pip\u00e8des.\n\u00abDu haut de cette cime, \u00e9lev\u00e9e de 1396 toises au-dessus de la mer, on a une vue tr\u00e8s entendue. Au nord et au nord-ouest les vall\u00e9es de Mont Joie, de Passy, de Sallanches; au couchant la haut cime calcaire dont j'ai parl\u00e9, \u00a7 759; au sud les montagnes qui s'\u00e9tendent depuis le Chapiu jusqu'au Col de la Seigne; \u00e0 l'est, ce m\u00eame Col que l'on domine beaucoup. Sur la droite de ce col, on voit du c\u00f4t\u00e9 de l'Italie la cha\u00eene du Cramont, et plusieurs autres cha\u00eenes qui lui sont parall\u00e8les, tourner tous leurs escarpemens contre la cha\u00eene centrale, de m\u00eame qu'on voit du c\u00f4te de la Savoye, les cha\u00eenes du Reposoir, de Passy, de Servoz, tourner en sens contraire leurs escarpemens contre cette m\u00eame cha\u00eene. Car c'est-la une des vues tr\u00e8s \u00e9tendues sur les deux cot\u00e9s oppos\u00e9s des Alpes; puisque l'on d\u00e9couvre d'ici les montagnes de Courmayeur et de l'All\u00e9e Blanche, qui sont du c\u00f4t\u00e9 m\u00e9ridional de la chaine, et celles du Faucigny et de la Tarentaise, qui sont du c\u00f4t\u00e9 septentrional. Or les sites d'ou l'on jouit tout \u00e1-la-fois de ces deux aspects sont tr\u00e8s rares; parce que les hautes cimes de la cha\u00eene centrale sont presque toutes inaccessibles, et les cols par lesquels on la traverse sont presque tous tortueux, \u00e9troite, et ne pr\u00e9sentent pour la plupart que de vues tr\u00e8s born\u00e9es.\u00bb\nWe have here two facts extremely important with regard to the present theory. The one of these respects the original formation of those alpine strata; the other the elevation of those strata from the bottom of the sea, and particularly the erection of those bodies, which had been formed horizontal, to their present state, which is that of being extremely inclined. It is to this last, that I would now particularly call the attention of my readers.\nIt is rarely that such an observation as this is to be met with. Perhaps it is rarely that this great fact occurs in nature, that is, so as to be a thing perceptible; it is still more rare that a person capable of making the observation has had the opportunity of perceiving it; and it is fortunate for the present theory, that our author, without prejudice or the bias of system, had been led, in the accuracy of a general examination, to make an observation which, I believe, will hardly correspond with any other theory but the present.\nIf strata are to be erected from the horizontal towards the vertical position, a subterraneous power must be placed under those strata; and this operation must affect those consolidated bodies with a certain degree of regularity, which however, from many interfering circumstances, may be seldom the object of our observation. If indeed we are to confine this subterraneous operation to a little spot, the effect may be very distinctly perceived in one view; such are those strata elevated like the roof of a house, which M. de Saussure has also described. But when the operation of this cause is to be extended to a great country, as that of the Alps, it is not easy to comprehend, as it were, in one view, the various corresponding effects of the same cause, through a space of country so extensive, and where so many different and confounding observations must be made. In this case, we must generalize the particular observations, with regard to the inclinations of strata and their direction, in order to find a similar effect prevailing among bodies thus changed according to a certain rule; this rule then directs our understanding of the cause. The general direction of those alpine strata, in this place, is to run S.E. and N.W. that is to say, this is the horizontal line of those inclined beds. We also find that there is a middle line of inclination for those erected strata in this alpine region; as if this line had been the focus or centre of action and elevation, the strata on each side being elevated towards this lint, and declined from it by descending in the opposite direction.\nThe view which our author has now given us from this mountain is a most interesting object, and it is a beautiful illustration of this theory; for, the breaking of the tops of mountains, composed of erected strata, must be on that side to which their strata rise; and this rupture being here towards the central line of greatest elevation, the ridges must in their breaking generally respect the central ridge. But this is the very view which our enlightened observator has taken of the subject; and it is confirmed in still extending our observations westward through the kingdom of France, where we find the ridges of the Jura, and then those of Burgundy gradually diminishing in their height as they recede from the centre of elevation, but still preserving a certain degree of regularity in the course of their direction.\nBut our author has still further observed that this is a general rule with regard to mountains. I will give it in his own words, Tom. 2. (p. 338.)\n\u00ab\u00a7 918. Mais la cha\u00eene centrale n'est pas la seule primitive qu'il y ait de ce c\u00f4t\u00e9 des Alpes. Du haut du Cramont en se tournant du c\u00f4t\u00e9 de I'Italie, on voit un entassement de montagnes qui s'\u00e9tendent aussi loin que peut aller la vue. Parmi ces montagnes on en distingue un au sud-ouest qui est extr\u00eamement \u00e9lev\u00e9e: son nom est Ruitor: elle se pr\u00e9sente au Cramont \u00e0-peu-pr\u00e8s pr\u00e8s sous le m\u00eame aspect que le Mont-Blanc \u00e0 Gen\u00e8ve; sa cime est couverte de neiges, un grand glacier descend de sa moyenne r\u00e9gion, et il en sort un torrent qui vient se jetter dans la riviere de la Tuile. Cette haut montagne, de nature primitive, est au centre d'une cha\u00eene de montagnes moins \u00e9lev\u00e9es, mais primitives comme elle, et qui passent au-dessus du val de Cogne. On voit de la cime du Cramont des montagnes secondaires situ\u00e9es entre le Cramont et cette cha\u00eene primitive, et on reconno\u00eet que les couches de ces montagnes s'\u00e9l\u00e8vent contre cette cha\u00eene en tournant le dos \u00e0 la cha\u00eene centrale.\n\u00ab\u00a7 939. L'inclinaison du Cramont et de la cha\u00eene contre le Mont-Blanc, n'est donc pas un ph\u00e9nom\u00e8ne qui n'appartienne qu'\u00e0 cette seule montagne; il est commun \u00e0 toutes les montagnes primitives, dont c'est une loi g\u00e9n\u00e9rale que les secondaires qui les bordent, ont de part et d'autre leurs couches ascendantes vers elles. C'est sur le Cramont, que je fis pour la premi\u00e8re fois, cette observation alors nouvelle, que j'ai verifi\u00e9 ensuite sur un grand nombre d'autres montagnes, non pas seulement dans la cha\u00eene des Alpes, mais encore dans diverses autres cha\u00eenes, comme je le ferai voir dans le IVe. volume. Les preuves multipli\u00e9es que j'en avois sous les yeux au moment o\u00f9 je l'eus faite, et d'autres analogues que ma m\u00e9moire me rappela d'abord, me firent soup\u00e7onner son universalit\u00e9, et je la liai imm\u00e9diatement aux observations que je venois de faire sur la structure du Mont-Blanc et de la cha\u00eene primitive dont il fait partie. Je voyois cette cha\u00eene compos\u00e9e de feuillets que l'on pouvoit consid\u00e9rer comme des couches; je voyois ces couches verticales dans le centre de cette cha\u00eene et celles des secondaires presque verticales dans le point de leur contact avec elles, le devenir moins \u00e0 de plus grandes distances, et s'approcher peu-\u00e0-peu de la situation horizontale \u00e0 mesure qu'elles s'\u00e9loignoient de leur point d'appui. Je voyois ainsi les nuances entre les primitives et les secondaires, que j'avois d\u00e9j\u00e0 observ\u00e9es dans la mati\u00e8re dont elles sont compos\u00e9es, s'\u00e9tendre aussi \u00e0 la forme et \u00e0 la situation de leurs couches; puisque les sommit\u00e9s secondaires que j'avois l\u00e0 sous les yeux se terminoient en lames piramidales aigues et tranchantes, tout comme le Mont-Blanc, et les montagnes primitives de la cha\u00eene. Je conclus de tout ces rapports, que, puisque les montagnes secondaires avoient \u00e9t\u00e9 form\u00e9es dans le sein des eaux, il falloit que les primitives eussent aussi la m\u00eame origine. Retra\u00e7ant alors dans ma t\u00eate la suite des grandes r\u00e9volutions qu'a subies notre globe, je vis la mer, couvrant jadis toute la surface du globe, former par des d\u00e9p\u00f4ts et des crystallisations successives, d'abord les montagnes primitives puis les secondaires; je vis ces mati\u00e8res s'arranger horizontalement par couches concentriques; et ensuite le feu ou d'autres fluides \u00e9lastiques renfermes dans l'int\u00e9rieur du globe, soulever et rompre cette \u00e9corce, et faire sortir ainsi la partie int\u00e9rieure et primitive de cette m\u00eame \u00e9corce, tandis que ses parties ext\u00e9rieures ou secondaires demeuroient appuy\u00e9es contre les couches int\u00e9rieures. Je vis ensuite les eaux se pr\u00e9cipiter dans les gouffres crev\u00e9s et vides par l'explosion des fluides \u00e9lastiques; et ces eaux, en courant \u00e0 ces gouffres, entra\u00eener \u00e0 de grandes distances ces blocs \u00e9normes que nous trouvons \u00e9pars dans nos plaines. Je vis enfin apr\u00e8s la retraite des eaux les germes des plantes et des animaux, f\u00e9cond\u00e9s par l'air nouvellement produit, commencer \u00e0 se d\u00e9velopper, et sur la terre abandonn\u00e9e par les eaux, et dans les eaux m\u00eames, qui s'arr\u00eat\u00e8rent dans les cavit\u00e9s de la surface.\n\u00abTelles font les pens\u00e9es que ces observations nouvelles m'inspir\u00e8rent en 1774. On verra dans le IVe. volume comment douze ou treize ans d'observations et de r\u00e9flections continuelles sur ce m\u00eame sujet auront modifi\u00e9 ce premier germe de mes conjectures; je n'en parle ici qu'historiquement, et pour faire voir qu'elles sont les premi\u00e8res id\u00e9es que le grande spectacle du Cramont doit naturellement faire \u00e9clore dans une t\u00eate qui n'a encore \u00e9pous\u00e9 aucun syst\u00e8me.\u00bb\nHow far these appearances, which had suggested to this philosopher those ideas, agree with or confirm the present theory, which had been founded upon other observations, is here submitted to the learned.\nWe have now not only found a cause corresponding to that which can alone be conceived as producing this evident deplacement of bodies formed horizontally at the bottom of the sea, but we have also found that this same cause has operated every where upon those strata, in consolidating by means of fusion the porous texture of their masses. Now when the evidence of those two facts are united, we cannot refuse to admit, as a part of the general system of the earth, that which is every where to be observed, although not every where to such advantage as in those regular appearances, which our author has now described from those alpine regions.\nI have only one more example to give concerning this great region of the Alps belonging to Savoy and Switzerland. It is from the author of Les Tableaux de la Suisse.\n3 \u00abOn s'embarque \u00e0 Fluelen \u00e0 une demi-lieue d'Altorf sur le lac des quatre Waldstoett ou cantons forestiers; les bords de ce lac sont des rochers souvent \u00e0 pic et d'une tr\u00e8s grande \u00e9l\u00e9vation et la profondeur de ses eaux proportionn\u00e9e. Ces roches sont toutes calcaires, et souvent remarquables par la position singuli\u00e8re de leurs couches. A une demi-lieue environ de Fluelen, sur la droite, des couches de six pouces environ d'\u00e9paisseur sont d\u00e9pos\u00e9es en zig-zags comme une tapisserie de point-d'hongrie; \u00e0 une lieue et demie \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de couches bien horizontales, de quatre \u00e0 cinq pieds d'\u00e9paisseur il y en a de contourn\u00e9es de forme circulaire et d'elliptiques. Il seroit difficile de se faire une id\u00e9e de la formation de pareilles couches, et d'expliquer comment les eaux ont pu les deposer ainsi.\u00bb\nHaving thus given a view of a large tract of country where the strata are indurated or consolidated and extremely elevated, without the least appearance of subterraneous fire or volcanic productions, it will now be proper to compare with this another tract of country, where the strata, though not erected to that extreme degree, have nevertheless been evidently elevated, and, which is principally to the present purpose, are superincumbent upon immense beds of basaltes or subterranean lava. This mineral view is now to be taken from M. de Luc, Lettres Phisiques et Morales, Tom. 4.\nThis naturalist had discovered along the side of the Rhine many ancient volcanos which have been long extinct; but that is no part of the subject which we now inquire after; we want to see the operations of subterraneous lava which this author has actually exposed to our view without having seen it in that light himself. He would persuade us, as he has done himself, that there had been in the ancient sea volcanic eruptions under water which formed basaltic rocks; and that those eruptions had been afterwards covered with strata formed by the deposits made in that sea; which strata are now found in the natural position in which they had been formed, the sea having retreated into the bowels of the earth, and left those calcareous and arenaceous strata, with the volcanic productions upon which they had been deposited, in the atmosphere.\nIt would be out of place here to examine the explanation which this author has given with regard to the consolidation of those deposited strata which is by means of the filtration of water, but as in this place there occurs some unusual or curious examples of a particular consolidation of limestone or calcareous deposits, as well as similar consolidations of the siliceous sort, it may be worth while to mention them in their place that so we may see the connection of those things, and give all the means of information which the extremely attentive observations of this naturalist has furnished to the world of letters.\nAt Oberwinter our author remarks a stratum of consolidated sand above volcanic matter, Tome 4, p. 162. \u00abTant que j'ai parcouru le pied du c\u00f4ne, je n'ai vu qu'un terrain compos\u00e9 de ces d\u00e9bris, et cultiv\u00e9 en vignes. Mais apr\u00e8s l'avoir d\u00e9pass\u00e9, j'ai trouv\u00e9 la coupe verticale d'une colline \u00e0 couches pierreuses, si r\u00e9guliers, que je les ai prises au premier coup d'oeil pour de la pierre \u00e0 chaux. L'esprit de nitre m'a d\u00e9tromp\u00e9: c'est une pierre sableuse tr\u00e8s compacte, dont les couches, qui n'ont souvent que quelques pouces d'\u00e9paisseur, s'\u00e9l\u00e8vent par une pente insensible vers le c\u00f4ne volcanique qu'elle recouvrent de ce cot\u00e9 l\u00e0 sans aucune apparence de d\u00e9sordre. Ces couches qui sont visiblement des d\u00e9p\u00f4ts de la mer, quoique je n'y ai pas trouv\u00e9 de corps marins, ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9es depuis que le c\u00f4ne s'\u00e9toit \u00e9lev\u00e9.\u00bb\nThis is a species of reasoning which this acute naturalist would surely not have let pass in any other cosmologist. But here the love of system, or a particular theory, seems to have warped his judgment. For, had our author been treating of beds or bodies deposited in water, and preserving the natural situation in which they had been formed, he would have had reason to conclude that the superior bed was of the latest formation; but here is no question of superincumbent strata; it is a stratum which is superincumbent on a lava; and it is equally natural to suppose the lava posterior to the stratum as the stratum posterior to the lava.\nOur author meets with a limestone too much erected in its position to be supposed as in its natural place, and then he explains this phenomenon in the following manner, p. 333. \u00abLes rochers d'Ehrentbreitstein et de Lahnstein sont donc des faits particuliers. Ces rochers l\u00e0 ont \u00e9t\u00e9 formes par des d\u00e9p\u00f4ts de la mer: Les corps marin qu'ils renferment en font foi. D\u00e8s lors ils ont d\u00fb avoir dans leur origine la seule position que la mer p\u00fbt leur donner; l'horizontale ou l\u00e9g\u00e8rement inclin\u00e9e. Leur couches sont aujourd'hui rompues, et leur inclination n'est plus celle de d\u00e9p\u00f4ts imm\u00e9diats de la mer. Les collines, auxquelles elle appartenoient, sont en m\u00eame tems entour\u00e9es de volcans anciens; et il est naturel d'en conclure, que c'est \u00e0 eux que ces grands rochers doivent leur position actuelle.\u00bb\nHere one would expect our author is to allow that volcanos may erect rocks in heightening them in their place; but this is not the light in which it has been seen by him, as will appear from what follows. \u00abL'enfoncement d'une de leurs cot\u00e9s n'est rien, quand on consid\u00e8re le prodigieuse excavation qui ont d\u00fb se faire, pour porter au dehors toutes les montagnes, les collines, et les plaines volcaniques qui se trouvent dans ce vaste circuit.\u00bb\nWhen a small portion of a stratum is examined, such as the present case, it is impossible from inspection to determine, whether it owes its inclined position to the sinking or the raising of the ground; the stratum is changed from its original position, but whether this has been brought about by the raising of the one side, or the sinking of the other is not apparent from what then is seen. But unless we are to explain the appearance of strata above the level of the sea by a supposition which is that of the retreat of the ocean, a theory which this author has adopted, it is as impossible to explain the present appearance of horizontal strata as of those that are inclined. At the same time, if a power placed below the strata is to be employed for the purpose of raising them from the bottom of the sea, to the place in which we find them at present, it is impossible that this should be done without the fracture of those strata in certain places; and it is much more difficult to conceive this operation not to be attended with changing the natural horizontal position of strata, and thus leaving them in many places inclined, than otherwise by supposing that this internal power of the globe should elevate the strata without changing their original position.\nWith this description of strata on the Rhine, we may compare that of M. Monnet respecting those which he found upon the Meuse, (Nouveau Voyage Min\u00e9ralogique, etc. Journal Physique, Aoust, 1784.)\nSpeaking of the schistus, or slate, he adds: \u00abMais ces petites veines nous donnent lieu de faire une observation importante; c'est qu'elles se pr\u00e9sentent assez communement perpendiculaire, tandis que les grands bancs d'ardoises, ceux qu'on exploite, sont, comme nous l'avons dit, couch\u00e9s sur une ligne de 15 \u00e0 20 degr\u00e9s. J'ai parl\u00e9 des montagnes de marbre qui sont derri\u00e8re Givet, et de celles sur la quelle est situ\u00e9 Charlemont. J'ai fait voir que bien loin que les bancs de marbre, qui forment la montagne du Givet, soient horizontaux comme on seroit tent\u00e9 de le croire, d'apr\u00e8s les principes de quelques naturalistes syst\u00e9matiques, qui pensent que tous les bancs de pierres calcaires ne sauroient \u00eatre autrement; j'ai fait voir, dis-je, que ces bancs sont presque perpendiculaire \u00e0 l'horizon; et de plus, qu'ils sont tellement coll\u00e9s les uns contre les autres, qu'\u00e0 peine on peut les distinguer.\u00bb\nThe changed structure and position of the strata, now exemplified from the observations both of M. de Saussure and M. de Luc, observations made in a great extent from France to Germany, show the effects without the means by which those effects had been produced; and, in this case, it is by judging from certain principles of natural philosophy that the cause is discovered in the effect.\nWe are now to see the deplacement of at least a great body of earth in another light, by having at the same time in our view both the cause and the effect. Nothing can give a more proper example of this than the mine of Rammelsberg; and no description better adapted to give a clear idea than that of M. de Luc, which I shall now transcribe. Lettres Phisiques et Morales, Tome 3. p. 361 to 364.\n\u00abDeux filons principaux occupent les mineurs dans le Rammelsberg: filons immenses, car ils ont jusqu'\u00e0 18 ou 20 toises d'\u00e9paisseur dans une \u00e9tendue dont on ne connoit pas encore les bornes. L'un de ces filons fait avec l'horizon un angle de 25 degr\u00e9s; c'est l'inf\u00e9rieur: l'autre s'\u00e9l\u00e8ve de 45 degr\u00e9s: et leur distance \u00e9tant peu consid\u00e9rable, leurs plans doivent se rencontrer dans un point qui n'est pas fort \u00e9loign\u00e9 des mines. Leurs directions sont aussi diff\u00e9rentes: celle du filon de 35 degr\u00e9s est \u00e0 6\u00bd heures; et celle du filon de 45 degr\u00e9s est a 5h.-1/2: tellement qu'ils se croisent \u00e0 l'endroit ou est perc\u00e9 le puits des pompes.\n\u00abOn est embarrass\u00e9 d'expliquer l'\u00e9tat de cette montagne par des secousses. Il faut au moins supposer que la montagne enti\u00e8re a \u00e9t\u00e9 culbut\u00e9e, et encore reste-t-il \u00e0 comprendre, comment s'est soutenue cette grande piece qui s\u00e9pare les filons, et qui, en supposant vuides les espaces de ceux-ci, se trouveroit absolument en l'air.\n\u00abCe ph\u00e9nom\u00e8ne important \u00e0 l'histoire des montagnes, je veux dire ces intersections des filons, est tr\u00e8s fr\u00e9quent dans les mines et tr\u00e8s remarqu\u00e9 par les mineurs. Il arrive souvent que des filons, qui sont \u00e0 la m\u00eame heure, c'est-\u00e0-dire, qui ont des directions semblables vers l'horizon, ont une chute ou inclinaison diff\u00e9rente, et telle que leurs deux plans se coupent \u00e0 une certaine profondeur. Si le mineur ne s'en apper\u00e7oit pas assez t\u00f4t, et que des le commencement de son exploitation, il n'\u00e9tan\u00e7onne pas fortement partout ou il enlev\u00e9 les filons, tout son ouvrage peut \u00eatre \u00e9cras\u00e9 par l'enfoncement de la pi\u00e8ce qui les s\u00e9paroit. Cette pi\u00e8ce m\u00eame a un nom chez le mineurs; ils la nomment Bergkiel, c'est-\u00e0-dire coin de la mati\u00e8re de la montagne: et quand deux filons sont voisins l'une de l'autre, le g\u00e9om\u00e8tre souterrain en \u00e9tudie l'inclinaison pour juger \u00e0 l'avance s'il y aura un Bergkiel; et qu'en ce cas la mineur prenne ses pr\u00e9cautions, en conservant des appuis naturels dans la gangue, ou s'en faisant d'artificiels, \u00e0 mesure qu'il s'enfonce. Or si, en \u00e9levant les filons, ce coin se trouve sans appui; comment s'est-il soutenu avant que les filons fussent form\u00e9s?\n\u00abVoil\u00e0 une question forte embarrassante. Mais peut-\u00eatre n'a-t-on pas fait assez d'attention jusqu'ici \u00e0 la mauvaise gangue, qui se trouve \u00eatre de la m\u00eame nature que la montagne. Peut-\u00eatre trouveroit on par la, qu'en m\u00eame tems que les fentes se font faites, il y est tomb\u00e9 des pi\u00e8ces des c\u00f2t\u00e9s, qui ont emp\u00each\u00e9 la r\u00e9union des parties de la montagne; fragmens qui, aujourd'hui, font partie des filons, et qu'on pourroit laisser encore pour appuis naturels, n'exploitant qu'autour d'eux lorsqu'on auroit appris \u00e0 les conno\u00eetre.\n\u00abCe peu d'inclinaison des filons du Rammelsberg rappelleroit l'id\u00e9e des couches form\u00e9es de d\u00e9p\u00f4ts successifs, s'ils \u00e9toient parall\u00e8les. Mais leur manque de parall\u00e9lisme en tout sens exclut cette explication. Car dans toutes les montagnes qui doivent leur formation aux d\u00e9p\u00f4ts des eaux, les couches sont parall\u00e8les; et l'on sent bien qu'elles doivent l'\u00eatre.\n\u00abLa nature des filons du Rammelsberg est aussi diff\u00e9rente de celle de Claustbat que l'est leur situation. C'est un massif compacte, et presque partout le m\u00eame, de min\u00e9ral de plomb et argent pauvre, p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 de pyrite sulphureuse. Ils sont travers\u00e9s en plusieurs endroits par de Ruscheln, qui ont fait glisser le toit vers le mur; tellement que malgr\u00e9 l'\u00e9paisseur de ces filons, on crut une fois en avoir trouv\u00e9 la fin. Ils sont aussi coup\u00e9s dans leur int\u00e9rieur, en sens diff\u00e9rens, par d'autres plus petits filons, compos\u00e9s de mati\u00e8res tr\u00e8s diff\u00e9rentes; surtout d'une pyrite cuivreuse dure et pauvre, et que par cette raison on ne tente pas de s\u00e9parer.\n\u00abEn mettant \u00e0 part ces petits filons particuliers, ainsi que les Ruscheln, dus probablement les uns et les autres \u00e0 des causes post\u00e9rieures \u00e0 celles qui ont produit les filons principaux, la masse compacte de ceux-ci r\u00e9veille beaucoup l'id\u00e9e d'une mati\u00e8re fondue; en m\u00eame tems qu'on seroit fort embarrass\u00e9 \u00e0 concevoir, d'o\u00f9 viendroit cette mati\u00e8re, si distincte de toute autre, lorsqu'on voudroit l'attribuer \u00e0 l'eau.\n\u00abCette id\u00e9e, que je dois \u00e0 Mr. de Redden, perfectionn\u00e9e par l'\u00e9tude des ph\u00e9nom\u00e8nes, donnera peut-\u00eatre un jour le mot de toutes ces \u00e9nigmes.\u00bb\nHere is the clearest evidence that an enormous mass of mountain had been raised by a subterranean force; that this force had acted upon an enormous column of melted minerals, the specific gravity of which is great; and that this fluid mass had suspended a great wedge of this mountain, or raised it up. Now, if by means which are natural to the globe, means which are general to the earth, as appearing in every mineral vein, this mass of mountain had been raised up and suspended twenty fathoms, there is no reason why we should suppose nature limited, whether in raising a greater mass of earth, or of raising it a greater height. That the height to which the land of this globe shall be raised, is a thing limited in the system of this earth, in having a certain bounds which it shall not exceed, cannot be disputed, while wisdom in that system is acknowledged; but it is equally evident, that we cannot set any other bounds to the operation of this cause, than those which nature appears actually to have observed in elevating a continent of land above the level of the sea for the necessary purpose of this world, in which there is to be produced a variety of climates, as there is of plants, from the burning coast under the equator to the frozen mountains of the Andes.\nHere therefore we have, although upon a smaller scale, the most perfect view of that cause which has every where been exerted in the greater operations of this earth, and has transformed the bottom of the sea to the summits of our mountains. Now, this moving power appears to have been the effect of an internal fire, a power which has been universally employed for the consolidation of strata, by introducing various degrees of fusion among the matter of those masses, and a power which is peculiarly adapted to that essential purpose in the system of this earth, when dry land is formed by the elevation of what before had existed as the bottom of the sea.\nI hope it will not be thought that too much is here adduced in confirmation of this part of the theory. The elevation of strata from their original position, which was horizontal, is a material part; it is a fact which is to be verified, not by some few observations, or appearances here and there discovered in seeking what is singular or rare, but by a concurrence of many observations, by what is general upon the surface of the globe. It is therefore highly interesting not only to bring together that multitude of those proofs which are to be found in every country, but also to give examples of that variety of ways in which the fact is to be proved. Were it necessary, much more might be given, having many examples in this country of Scotland, in Derbyshire, and in Wales, from my proper observation; but, in giving examples for the confirmation of this theory, I thought it better to seek for such as could not be suspected of partiality in the observation.\nv2:3 Discours sur l'Hist. Nat. de la Suisse, page CLV.","title":"Theory of the Earth: Theory of the Earth [1795], Vol. II ...","type":"page"}
