{"collection":"earth","html_url":"https://unchartedknowledge.5gfusion.net/browse/earth/toe/toe34.htm","path":"earth/toe/toe34.htm","source_url":"https://sacred-texts.com/earth/toe/toe34.htm","text":"Theory of the Earth, by James Hutton, [1788 and 1795]\nThe Theory illustrated with a view of the\n Valleys of the Alps.\nSuch is the summit of the Alps, a body wasting by the influence of the elements, slowly changing, but in actual decay. This mass of granite is arrived at such a perfect state of degradation as leaves no trace of its original shape or height, from whence we might compute the quantity which has been lost, or time which had flowed in bringing about that event. We are now to take a view of the valleys that are formed at the same time that the mountains are degraded.\nTo the valleys of ice succeed those formed by water upon the same principle by moving the hard materials procured from the summits. Let us now begin at the bottom of one of those fertile valleys, and ascend, tracing the marks of time and labour in those operations by which the surface of the earth is modified according to the system of the globe.\n(M. Bourrit 20, Nouvelle Description des Alpes.) \u00abSaint-Maurice est entre le Rh\u00f4ne et une montagne; \u00abQuoique la situation de Saint-Maurice paroisse l'exposer au malheur d'\u00eatre un jour ensevelie sous les ruines des montagnes, cependant on ne vit pas ici avec moins de s\u00e9curit\u00e9 qu'ailleurs: ce qu'il y a de plus \u00e0 craindre, c'est la submersion du pays; ce malheur pourrait arriver si l'une ou l'autre des montagnes qui forment la gorge, venoit \u00e0 tomber soit par un tremblement de terre, soit par des affaissemens consid\u00e9rables: cette gorge \u00e9tant \u00e9troite, le Rh\u00f4ne ne pourroit plus s'\u00e9couler il s'\u00e9tendroit n\u00e9cessairement au large, bient\u00f4t toute la vall\u00e9e jusqu'\u00e0 Martigni, Sion m\u00eame, rentreroit sous les eaux qui l'ont autrefois couvert, et tout ce pays ne formeroit plus qu'un lac, \u00e0 moins que le Rh\u00f4ne ne se f\u00eet jour sous les rochers renvers\u00e9s, comme il passe au travers de ceux qui semblent lui disputer le passage \u00e0 cinq-lieues au-dessous de Gen\u00e8ve.\u00bb\n\u00abAvant de p\u00e9n\u00e9trer dans le Vallais, il convient d'en donner une id\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale: il forme cette partie des Alpes connue sous le nom d'Alpes Pennines; il contient non-seulement les plus hautes montagnes des Alpes, mais encore la plus longue vall\u00e9e qui il y ait en Europe, puis qu'elle a trente-quatre lieues depuis Saint-Maurice jusqu'\u00e0-la source du Rh\u00f4ne, qui la traverse dans toute cette \u00e9tendue: sa largeur est depuis demi-lieu jusqu'\u00e0 une lieue et demie; sa direction suit le soleil. Outre cette vall\u00e9e, il y en a d'autres qui y viennent aboutir dans diverses directions: celle-ci sont enclav\u00e9es dans les deux cha\u00eenes de montagnes qui bordent la grande vall\u00e9e; quelques-unes remontent \u00e0 quatre lieues et m\u00eame \u00e0 six, dans les sinuosit\u00e9s que forment les rochers qui bordent les deux c\u00f4t\u00e9s du fleuve.\u00bb\nTo give an idea of these valleys which proceed to the icy tops of mountains, or to the high valleys of ice, I shall transcribe some descriptions of this country from the Tableaux de la Suisse Discours, etc. page 21.\n\u00abRoute au Mont-Saint Bernard.\n\u00abOn passe par Martigny pour aller au Mont du grand Saint-Bernard; cette ville est un d\u00e9p\u00f4t pour les marchandises qui vont et viennent d'Italie. Le ch\u00e2teau \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de cette ville est situ\u00e9 sur des rochers calcaires qui bordent la Drance dans cette partie; ce torrent prend sa source au Mont Saint-Bernard. On compte huit lieues de Martigny \u00e0 l'Hospice situ\u00e9 sur ce mont; \u00e0 une demie-lieue on commence \u00e0 monter insensiblement; le chemin est beau et peut se faire en voiture jusqu'au bourg Saint-Pierre.\n\u00abLe vaste base de ces monts accumul\u00e9s n'est qu'un compos\u00e9 des d\u00e9bris des montagnes sup\u00e9rieures; on rencontre ici des granits roul\u00e9s, compos\u00e9s de quartz, de feld-spath, et de mica; des graviers et des sables provenant de la d\u00e9composition des granits des pierre calcaire grise, puis de grosse masses de granit arrondies, dont il seroit difficile d'assigner l'origine, puisque toutes les montagnes \u00e0 port\u00e9e de la vue et qui forme cette gorge sont absolument de pierres micac\u00e9es par lits et par couches, ou schisteuses m\u00eal\u00e9es de gros et petits rognons, de filons et de veines de quartz; elles font en g\u00e9n\u00e9ral toutes feu avec le briquet. Le chemin et la Drance qu'on passe et repasse plusieurs fois, occupent tout le fond de la vall\u00e9e qui devient fort \u00e9troite. On rencontre des pierres schisteuses, quartzeuses et sablonneuses, seules sans m\u00e9lange d'autre esp\u00e8ces.\n\u00abSaint-Branchier, bon village, est situ\u00e9 entre des montagnes tr\u00e8s-hautes et tr\u00e9s-escarp\u00e9es compos\u00e9es des m\u00eames esp\u00e8ces des pierres schisteuses micac\u00e9es que les pr\u00e9c\u00e9dentes; elles sont de couleur bleu\u00e2tre, vue en grandes masses et inclin\u00e9es \u00e0 l'horison; cette inclinaison suivant la m\u00eame direction de ce c\u00f4t\u00e9 ci de la Drance, et les couches se correspondant l'une \u00e0 l'autre, on voit que ce torrent s'y est creus\u00e9 un passage. En avan\u00e7ant, on trouve de l'ardoise feuillet\u00e9e bleue avec des veines de spath calcaire, ensuite une grande quantit\u00e9 de granits et de pierres calcaires roul\u00e9es, sans que les montagnes environnantes changent d'esp\u00e8ces; les montagnes \u00e0 l'est sont bien cultiv\u00e9es, rapportent diff\u00e9rentes sortes de grains, avant et apr\u00e8s avoir pass\u00e9 orsi\u00e9re; on retrouve de l'ardoise entre ce village et Liddes et les derniers granits roul\u00e9s.\n\u00abLa Drance est ici fort resserr\u00e9e et tr\u00e9s encaiss\u00e9e; ce n'est pas sans fr\u00e9mir qu'on s'apper\u00e7oit, quand on est sur deux morceaux de bois jet\u00e9s d'une roche \u00e0 l'autre, appell\u00e9s ici pont, qu'on a un gouffre de plus de trois cent pieds au dessous de soi, il faut \u00eatre sur cette esp\u00e8ce de pont pour s'en apercevoir et distinguer les diff\u00e9rents sinuosit\u00e9s trac\u00e9es sur chaque c\u00f4t\u00e9 de cette roche du haut jusqu'en bas; ce sont autant de preuves des diff\u00e9rentes hauteurs o\u00f9 l'eau a pass\u00e9 avant de parvenir \u00e0 sa profondeur actuelle.\n\u00abLa dernier village qu'on rencontre, avant d'arriver au Saint-Bernard, est le bourg Saint-Pierre, on mont insensiblement jusqu'\u00e0 ce village, et on ne peut plus se servir de voitures pour aller au-del\u00e0. Les montagnes sont plus rapides, il n'y a plus de chemin fait, et on n'en peut point pratiquer, moins a cause de la quantit\u00e9 des rochers dont toute cette partie est couverte que par la difficult\u00e9 de les entretenir ou de les renouveler chaque ann\u00e9e, parce que les torrens et les avalanches les detruiroient; de plus on ne pourroit y travailler que trois ou quatre mois de l'ann\u00e9e, les huit ou neuf autres mois le pays, au dela du bourg, \u00e9tant presque toujours couvert de neige. La truite ne remonte pas au-del\u00e0 du bourge Saint-Pierre, elle se trouve arr\u00eat\u00e9e par les cascades et chutes trop consid\u00e9rables de la Vassor\u00e9e qui va se jetter dans la Drance. Ce torrent sort encaiss\u00e9 et resserr\u00e9 dans le lit qu'il s'est creus\u00e9, provient d'un glacier qu'on rencontre en montant le Saint-Bernard qui porte le m\u00eame nom. L'entr\u00e9e du valais est ferm\u00e9e et d\u00e9fendue de ce cot\u00e9 par le lit de la Vassor\u00e9e; c'est le fosse le plus profond et le plus escarp\u00e9 qui existe. Des ouvrage cr\u00e9nel\u00e9s et une porte sont plac\u00e9s \u00e0 l'entr\u00e9e du bourg Saint-Pierre, nous avons donn\u00e9 un dessin de la chute de ce torrent, on voit le travail des eaux dans le rocher qu'il a min\u00e9 et o\u00f9 il s'est ouvert un passage.\n\u00abOn compte trois lieues de ce bourg \u00e0 l'Hospice, sur le haut du Saint-Bernard; c'est le passage le plus fr\u00e9quent\u00e9 pour communiquer du Bas-Vallais en Italie par le Pi\u00e9mont et la vall\u00e9e d'Aost; le transport des marchandises ne se fait qu'\u00e0 dos de mulets et de chevaux; c'est du produit de ces transports que vivent la plupart des habitans qui sont des deux c\u00f4t\u00e9s de ce mont; celui des fromages, qui est la principale production de ces hautes Alpes, fait le plus fort article. On ne rencontre sur cette route que des rochers entass\u00e9s les uns sur les autres, entre lesquels on passe par mille d\u00e9tours, en suivant les petits vallons qu'ils forment. Des torrents des eaux y roulent et s'y pr\u00e9cipitent de tous c\u00f4t\u00e9s; on voit dans ces bas, de bois de sapins m\u00eal\u00e9s de quelques pins et puis des m\u00e9l\u00e8zes; ils diminuent insensiblement, leurs v\u00e9g\u00e9tation est moins vigoureuse, les arbres sont plus rares les derniers qu'on rencontre sont des m\u00e9l\u00e8zes \u00e0 une heure de Saint-Pierre. Plus loin, on ne voit plus que des buissons bas et rabougris; au bord de quelque ruisseau ou torrent ce sont des aulnes ou vergnes; le dernier arbrisseau que nous avons vu, entre les m\u00e9l\u00e8zes et les aulnes, est un sureau sans fruit. Les p\u00e2turages, l'herbe et le gazon suivent la m\u00eame progression. Ce n'est-que dans quelques endroits, d'o\u00f9 les eaux n'on pas entra\u00een\u00e9 une restant de terre v\u00e9g\u00e9tale, qu'il se voit un gazon fin, menu et serr\u00e9; de petites fleurs, aussi bases que ces gazons, nuanc\u00e9es des plus belles et des plus vives couleurs, y forment des groupes de la plus grande beaut\u00e9; des mousses non moins curieuses que vari\u00e9es, couvrent et colorent quelques parties de rochers; le reste n'offre \u00e0 l'oeil que d'\u00e9normes masses de rochers, entrecoup\u00e9s de fentes, de crevasses; des pierres culbut\u00e9es et amoncel\u00e9es dans les fonds, qui font en partie couverts de ne\u00efge.\n\u00abA une demie lieue de l'Hospice dans une vallon assez large pour une pareille hauteur, nomm\u00e9 les Envers des Foireuse, on rencontre une \u00e9norme quantit\u00e9 de pierre roul\u00e9es qui remplissent presque tout le haut de ce vallons. Cet amas de pierres provient des glaciers et des hauteurs qui descendent du Mont-Velan, qui est la partie la plus \u00e9lev\u00e9e du groupe de montagnes, qui forment le grand Saint Bernard. L\u00e0 sont des neiges et des glaciers de cette partie, fournit aussi la Drance qui va se jetter dans le Rh\u00f4ne au dessous de Martigny. On ne voit de ces pierres roul\u00e9es qu'en cet endroit, elles viennent directement des glaciers, elles ont \u00e9t\u00e9 charri\u00e9es par les eaux qui en viennent, et ne peuvent avoir pris leur forme que par les m\u00eame causes, dont nous avons parl\u00e9 ci-devant dans l'observation faite en Savoie sur les pierres roul\u00e9es; elles sont toutes, ainsi que les rochers au-dessus, d'ou-elles proviennent, compos\u00e9es de parties micac\u00e9es-argilleuses, plus ou moins m\u00eal\u00e9es de partie de rognons, de veines et de filons de quartz, par lits et par couches irr\u00e9guli\u00e8res, plus ou moins \u00e9paisses. Les parties micac\u00e9es de ces pierres sont vari\u00e9es de diff\u00e9rentes nuances, tirant sur le gris, le bleu, le verd, et le jaune; ces nuances sont quelquefois m\u00eal\u00e9es. Tous les rochers composans ce c\u00f4t\u00e9 de montagne tourn\u00e9 au nord, sont de la m\u00eame esp\u00e8ce. Nous n'y avons pas vu un seul granit, c'est-\u00e0-dire, une pierre compos\u00e9e de petites masses irr\u00e9guli\u00e8res de quartz, m\u00eal\u00e9es et agglutin\u00e9es, avec des parties micac\u00e9es argilleuses, et quelquefois m\u00e9lang\u00e9s de feldspath. Parmi ces pierres, il y en a quelques-unes provenant du m\u00eame filon, qui contiennent de la pyrite cuivreuse dans un filon de quartz.\n\u00abNous avons dit precedement que c'\u00e9toit entre Orfi\u00e8re et Liddes que nous avions vu des derniers granites roul\u00e9s, on n'en rencontre plus dans toute le reste de la route jusqu'au haut du Mont Saint-Bernard. Les rochers, qui dominent ce sommet, ne sont pas composes de granites, et quoiqu'on ne puisse aborder jusqu'\u00e0 leurs plus grands \u00e9l\u00e9vation, on peut juger de leurs esp\u00e8ces, par les masses qui s'en pr\u00e9cipitent.\n\u00ab(Page 35.) Malgr\u00e9 la chaleur qu'il avoit fait le jour de l'arriv\u00e9e au Saint-Bernard, la nuit fut froide; le lendemain (31 Juillet) le haut de la montagne \u00e9toit envelopp\u00e9 de nuages \u00e9pais, mais tranquilles, il n'y avoit point d'agitation dans l'air on assuroit qu'il faisoit beau au-dessous de ce sommet; nous f\u00fbmes visiter le revers meridional de la montagne qui conduit au val d'Aost; apr\u00e8s une demie heure de marche, nous fumes hors de cet atmosph\u00e8re sombre et humide, le soleil \u00e9toit chaud, le ciel pur et serein: on voyoit dans le lointain les sommets des plus hautes montagnes envelopp\u00e9s dans les nuages comme le Saint-Bernard: les sommets les plus \u00e0 port\u00e9e \u00e9toient d\u00e9couverts et \u00e9clair\u00e9s par le soleil; ces rochers termin\u00e9s en pointe, en pyramides et en aiguilles, sembloient s'\u00e9lancer dans la r\u00e9gion pure de l'\u00e9ther: des vallons profonds, des \u00e9cueils, et des pr\u00e9cipices effrayants les entouraient. Toutes ces masses sont, comme dans la partie oppos\u00e9e de la montagne, des pierre schisteuses, argilleuses et micac\u00e9es: le plupart schisteuses, c'est-\u00e0-dire par feuillets, par lits ou par couches diff\u00e9remment inclin\u00e9es, le toute m\u00eal\u00e9 de veines et de parties quartzeuses, de couleurs vari\u00e9es, mais les verd\u00e2tres dominent: il y a de plus sur la hauteur de ce revers des masses et des blocs prodigieux, sans m\u00e9lange, de quartz blanc et grenu \u00e0 sa superficie, lesquels, au premier coup-d'oeil, paroissoient \u00eatre de marbre de Carare; \u00e0 quelque distance c'est un chaos immense de blocs de pierres de toutes grandeurs, jet\u00e9s, culbut\u00e9s, entass\u00e9s dans la plus grand confusion; c'est la m\u00eame esp\u00e8ce de pierre micac\u00e9e; il faut que des sommets, des rochers prodigieux se soient \u00e9croul\u00e9s pour avoir produit un pareil d\u00e9sordre qui ressemble \u00e0 la destruction d'un mond.\n\u00ab(Page 40.) On trouve aux environs du couvent quelques schistes argilleux ou ardoises grises feuillet\u00e9es d\u00e9truites \u00e0 moiti\u00e9. On ne voir nulle part de ces ardoises sur pied ou formant des masses attach\u00e9es au sol; il faut que les couches ou les lits de ces ardoises, qui avoient \u00e9t\u00e9 form\u00e9s et plac\u00e9s sur ces hauts, ayent \u00e9t\u00e9 d\u00e9truits et renvers\u00e9s par le temps.\n\u00abEnfin toute cette montagne, une des plus hautes des Alpes Poenines, qui conserve des neiges et de glaces permanentes, est compos\u00e9e en g\u00e9n\u00e9ral de pierres et de roches schisteuses, dont les couches et les lits sont plus on moins sensibles et inclin\u00e9s, et d'une grande duret\u00e9. Leurs parties constituantes sont un mica argilleux dont les lames ou les parties sont plus ou moins grandes et brillantes et diversement color\u00e9es: elles sont travers\u00e9es de filons et de veines m\u00eal\u00e9s de rognons et de globule de quartz ordinairement blanc, quelquefois vitreux, transparent, opaque ou grenu: nous n'y avons vu des granits que sur le penchant de la montagne; ils y \u00e9toient isol\u00e9s et roul\u00e9s. Quelqu'un qui aura plus de temps, plus de loisir, d\u00e9couvrira peut-\u00eatre d'o\u00f9 ces masses proviennent 21.\u00bb\nWe have here a picture of one of those valleys which branch from, or join the main valley of the Rh\u00f4ne. In this subordinate valley, there is the most evident marks of the operations of water hollowing out its way, in flowing from the summits of the mountains, and carrying the fragments of rocks and stones along the shelving surface of the earth; thus wearing down that surface, and excavating the solid rock. On the summit of the mountain, again, there is an equal proof of the operation of water and the influences of the atmosphere continued during a long succession of ages. It is impossible perhaps to conjecture as to the quantity of rock which has been wasted and carried away by water from this alpine region; the summits testify that a great deal had been above them, as that which remains has every mark of being the relicts of what had been removed, and moved only by those operations which here are natural to the surface of the earth. Let us now abstract any consideration of that quantity above the summits of those mountains, as a quantity which cannot be estimated; and let us only consider all the cavity below the summits of those ridges of mountains to have been hollowed out by those operations of running water which we now have in view.\nIn taking this view of the mountains on each side which supply the water of the Rh\u00f4ne, what an immense quantity of stones, of sand, and fragments of rock, must have travelled in the bed of that river, or bottom of that valley which receives the torrents coming from the mountains! The excavation of this great valley, therefore, will not be found any way disproportionate to that which is more evident in the branches; and, though the experience of man goes for nothing in this progress of things, yet, having principles in matter of fact from whence he may reason back into the boundless mass of time already elapsed, it is impossible that he can be deceived in concluding that here is the general operation of nature wasting and wearing the surface of the earth for the purposes of this world, and giving the present shape of things, which we so much admire in the contrast of mountains and plains, of hills and valleys, although we may not calculate with accuracy, or ascribe to each particular operation every individual appearance.\nWith a view to corroborate what has been here alledged of the valley of the Rh\u00f4ne, I would beg leave to transcribe still more from the same author. From the immense masses of horizontal strata remaining upon both sides of the valley of the Rh\u00f4ne, with a face broken off abruptly, we shall find the most perfect evidence of that which had been carried away in the course of time, and in the forming of those valleys.\n\u00ab(Page 49.) Route au Bains de Loiche. Nous quitterons un moment les bords du Rh\u00f4ne pour visiter les bains de Loiche, afin de ne pas revenir sur nos pas. De Sierre on passe par Clar\u00e9 et Salge, en laissant le Rh\u00f4ne sur la droite; tout ce terrain est calcaire et fort pierreux. A Faren (villages qui ne font point sur les cartes) on commence \u00e0 monter la montagne de Faren; le chemin est fort rapide et mauvais, et dure une bonne heure et demie; on trouve sur le haut de cette montagne de blocs de granit compos\u00e9s de quartz, de feld-spath, et de mica, d'o\u00f9 viennent-ils? On ne voit que des roches calcaires et point de montagne plus \u00e9lev\u00e9e au-dessus; on passe par un bois de pins, on parvient enfin \u00e0 un escarpement \u00e0 pic, dont on n'a point d'id\u00e9e pour la hauteur; on reste stup\u00e9fait de voir le gouffre qu'on a devant soi, et on ne pr\u00e9voit pas trop comment on parviendra dans ce fond, o\u00f9 la vue a peine \u00e0 distinguer la Dala, gros torrent qui y pr\u00e9cipite ses eaux. On a taill\u00e9 \u00e0 grands frais un sentier tortueux dans cette roche toute calcaire; On a eu soin de garnir le cot\u00e9 scabreux du sentier avec des pierres ou des garde fou, pour rendre ce passage moins effrayant; ces pr\u00e9cautions ne peuvent gu\u00e9rir de la crainte de voir tomber d'\u00e9normes quartiers de rochers suspendus au-dessus de soi, ils sont fendus et crevass\u00e9s partout, et menacent de se pr\u00e9cipiter \u00e0 chaque instant; on ne peut m\u00eame s'emp\u00eacher de remarquer qu'il y en a qui sont tomb\u00e9s nouvellement! Ce sont des mineurs Tiroliens qui ont fait cet ouvrage, ainsi que le passage du Mont-Gemmi.\n\u00abQuand on est descendu au tiers environ de cet \u00e9norme fond, on passe sur les d\u00e9combres de cette vaste montagne, et par un bois de pins et de sapins; la vue ne perce pas dans ce fond t\u00e9n\u00e9breux, on entend plut\u00f4t le bruit du torrent qu'on ne l'apper\u00e7oit. Ayant eu occasion de voir et d'examiner par la suite ces bas et le pied de cette \u00e9tonnante montagne calcaire, nous avons vu dans plus d'un endroit qu'elle pose, et que ces fondements sont un lit de schistes argilleux ou d'ardoises feuillet\u00e9es sans m\u00e9lange, que ce lit est d\u00e9truit et se d\u00e9truit dans diff\u00e9rens endroits, qu'il est inclin\u00e9 et affaiss\u00e9 dans d'autres, et que c'est la destruction qui a occasionn\u00e9 la chute d'une partie de cette montagne; elle est par-tout \u00e0 pic de ce c\u00f4t\u00e9, et a subi successivement ces renversements qui paroissent plus anciens les unes que les autres, car ces d\u00e9bris sont plus ou moins couverts de bois, d'arbres, et de productions v\u00e9g\u00e9tales.\n\u00abOn continue la route \u00e0 mi c\u00f4te au travers de ces d\u00e9bris. Le sommet de ces montagnes \u00e9clair\u00e9s par le soleil, \u00e9toit peint de rouge, de jaune, de blanc, de bleu, et de noir, dans les endroits o\u00f9 les eaux avoient coul\u00e9 par-dessus, ils ressemblent de loin \u00e0 des murailles, des tours, des forts, et des fortifications de diff\u00e9rentes formes plac\u00e9es pour se d\u00e9fendre contre des ennemis qui viendroient par les airs. Les neiges qu'on apper\u00e7oit dans diff\u00e9rents endroits, produisent des chutes d'eau, des cascades, dont partie se r\u00e9duit en vapeurs avant d'atteindre le bas: le haut des montagnes qu'on voit de l'autre c\u00f4t\u00e9 de ce vallon, est \u00e9galement calcaire, elles sont plus basses, couverts d'arbres et de sapins; au lieu que celles dont il est question sont nues et arides; elles sont le s\u00e9jour des neiges et sont partie de la Gemmi.\n\u00abUne de plus haute montagnes du Vallais, et situ\u00e9e sur une terrain tr\u00e8s-\u00e9lev\u00e9, est la Gemmi; elle fait partie de la grande cha\u00eene qui s\u00e9pare le Canton de Berne du Vallais. Elle est remarquable, \u00e0 cause de l'importance du chemin qu'on y a pratiqu\u00e9, des grandes difficult\u00e9s qu'il a fallu surmonter, et qu'elle est la seule communication entre les deux Cantons. Nous parlerons de ce chemin, apr\u00e8s avoir d\u00e9crit la nature de ce prodigieux rocher. La Gemmi est la partie la plus haute de cette cha\u00eene qui commence aux galleries; elle est en general calcaire. On commence a monter insensiblement en sortant de Loiche; on traverse beaucoup de p\u00e2turages; on voit quelques champs de seigle qui \u00e9toient encore sur pied et \u00e0 moiti\u00e9 verts, des bosquets et de petits bois de sapins. Des masses consid\u00e9rables des rochers, des monceaux de pierres entass\u00e9es descendues des hauteurs, couvrent cette superficie qui devient d'autant plus rapide qu'on approche plus du pied du rocher: cette pente qui est au pied de l'escarpement et de toutes les autres montagnes, est form\u00e9 des pierres et des sables qui tombent des hauts et produisent, \u00e0 la longue, des talus formes en pain de sucre, adosses contre les parties escarp\u00e9es; les plus grosses pierres roulent et se pr\u00e9cipitent plus bas, servent de point d'appui aux nouveaux mat\u00e9riaux qui s'y arr\u00eatent, augmentent la hauteur des talus, en \u00e9largissant les basis, et finissent par devenir des montagnes tr\u00e8s consid\u00e9rables qui ont augment\u00e9 en raison de la quantit\u00e9 des d\u00e9bris qu'ont pu fournir les parties plus \u00e9lev\u00e9es; c'est ce qu'on nomme montagnes de troisi\u00e8me formation, compos\u00e9es des ruines de celles qui dominent ces talus; ces \u00e9boulemens sont ordinairement plus fertiles, plus couverts de v\u00e9g\u00e9taux, d'arbres et de for\u00eats, sur-tout s'ils sont compos\u00e9s de diff\u00e9rentes esp\u00e8ces de d\u00e9bris. Nous avons d\u00e9j\u00e0 vu que les montagnes calcaires sont elles-m\u00eames assises sur des couches et des lits d'ardoise ou de schiste, qui, par l'arrangement de leurs feuillets et de leurs couches, paroissent aussi avoir \u00e9t\u00e9 arrang\u00e9s et form\u00e9s successivement; quelle est donc la base primitive sur laquelle sont appuy\u00e9es et reposent ces masses qui \u00e9tonnent l'imagination, \u00e0 quelle profondeur faudra-t-il l'aller chercher? Si nous concevons la formation et la mani\u00e8re dont se sont accrues et \u00e9lev\u00e9es ces troisi\u00e8mes montagnes, pouvons-nous imaginer comment se sont arrang\u00e9es celles qui sont si \u00e9lev\u00e9es au-dessus d'elles, ce tout que rien ne domine. C'est en examinant en consid\u00e9rant ces grands spectacles que ces r\u00e9flections nous viennent; nous nous arr\u00eatons, pour continuer \u00e0 d\u00e9crire ce que nous avons vu et remarqu\u00e9, qui est la t\u00e2che que nous nous sommes impos\u00e9e.\n\u00abEn arrivant au pied de l'escarpement, le premier objet qui frappe la vue, ce sont des bancs de schistes ou d'ardoises bleu\u00e2tres, m\u00eal\u00e9s de larges filons de quartz qui forment la base, et les fondemens sur lesquels est \u00e9lev\u00e9 ce mur de pierres calcaires. Car cette roche est \u00e9lev\u00e9e de m\u00eame \u00e0 pic; ce lit d'ardoises est un peu inclin\u00e9 vers le couchant, ainsi que tout ce qui repose dessus; la destruction de ce lit a caus\u00e9, ainsi qu'aux galeries, la chute des rochers sup\u00e9rieurs, et leur a occasionn\u00e9 cet \u00e0-plomb. Avant ces \u00e9boulements, ces couches schisteuses devoient \u00eatre d\u00e9couvertes \u00e0 une grande hauteur, \u00eatre expos\u00e9es aux injures du tems et des saisons, se d\u00e9truire et se d\u00e9composer plus ais\u00e9ment. Peut-\u00eatre que l'enveloppe calcaire les couvroient enti\u00e8rement, et que ces schistes n'ont commenc\u00e9 \u00e0 se d\u00e9truire qu'apr\u00e8s la ruine de la pierre calcaire. Actuellement ces schistes sont enterr\u00e9s et couverts; ce n'est qu'en peu d'endroits qu'on les apper\u00e7oit; appuy\u00e9s soutenus et couverts par ces immenses d\u00e9bris en talus, ce sont des contre forts qui les aiderons \u00e0 supporter plus longtemps les prodigieuses masses sous lesquelles ces schistes sont ensevelis. Nous allons placer par ordre les diff\u00e9rentes substances, telle qu'elle se pr\u00e9sentent en montant.\n\u00ab1. Base de schiste ou d'ardoise feuillet\u00e9e bleu\u00e2tre, travers\u00e9, de larges filons de quartz. On ne voit, on ne peut estimer son \u00e9paisseur dont partie est enterr\u00e9e.\n\u00ab2. Imm\u00e9diatement dessus pose la pierre calcaire, elle est d'une grain fin, serr\u00e9, couleur grise-jaun\u00e2tre, ainsi que toute le reste.\n\u00ab3. Des filons de diff\u00e9rentes \u00e9paisseurs, d'un spath calcaire jaun\u00e2tre.\n\u00ab4. Quelques petits filons ou renules de schiste pur.\n\u00ab5. De la pierre calcaire d'un grain plus grossier.\n\u00ab6. D'autres couches d'un grain plus fin.\n\u00ab7. Couches de pierres calcaires m\u00eal\u00e9es d'une quantit\u00e9 suffisante de sable pour faire feu avec le briquet, sans cesser de faire effervescence avec les acides.\n\u00ab8. De petits filons ou couches ondoyantes de spath.\n\u00ab9. De la pierre calcaire dans laquelle sont d\u00e9pos\u00e9s des esp\u00e8ces de noyaux oblongs, quelques fois par couches, mais sans suite, compos\u00e9s d'un sable fin de couleurs gris\u00e2tre, plus blanc que la pierre calcaire, tr\u00e8s-durs, faisant feu au briquet, et sans effervescence avec les acides.\n\u00ab10. On retrouve encore des couches minces sablonneuses m\u00eal\u00e9es de parties calcaires.\n\u00ab11. D'autres de pierre calcaire compacte et d'une \u00e9paisseur consid\u00e9rable.\n\u00ab12. Alternativement de moins compactes. Dans l'une de ces couches il y a de la pyrite vitriolique d\u00e9compos\u00e9, qui teint en jaune les parties du rochers sur lesquels a flu\u00e9 la d\u00e9composition martiale.\n\u00ab13. Quelques filons de spath jaun\u00e2tre, entrem\u00eal\u00e9s de veines de schiste pur, ne faisant pas effervescence.\n\u00ab14. De la pierre calcaire.\n\u00ab15. Des schistes m\u00eal\u00e9s de parties calcaires.\n\u00ab16. De la pierre calcaire pure.\n\u00ab17. De larges filons de spath calcaire jaun\u00e2tre m\u00eal\u00e9s de quartz, faisant feu au briquet, et une peu d'effervescence.\n\u00ab18. De la pierre calcaire pure grise, plus fonc\u00e9e que dans le bas.\n\u00ab19. Des couches calcaires jaun\u00e2tres.\n\u00ab20. Enfin tout le haut n'est que pierre calcaire grise et d\u00e9natur\u00e9e. Cette partie sup\u00e9rieure du monte est fort \u00e9tendue. Tout ce qui est sur le local qui va en pente assez douce vers le milieu, n'a pas \u00e9t\u00e9 assujetti \u00e0 de roulis et \u00e0 des frottemens, il n'y a que la longueur du tems qui l'ait d\u00e9grad\u00e9, et lui ait imprime le caract\u00e8re de la v\u00e9tust\u00e9. On ne voit que des pierres calcaires, elles sont remplies de trous, de fentes, et de crevasses; beaucoup, paroissent poreuses comme de la la pierre ponce grossi\u00e8re; le s\u00e9jour des neiges des eaux, la gel\u00e9e, et l'intemp\u00e9rie des saisons a tout fait. On voit de tous c\u00f4t\u00e9s que l'eau s'y infiltre et s'y perd. L'arrangement de cette esp\u00e8ce de pierre par couches, facilite l'entr\u00e9e des eaux dans l'int\u00e9rieur de la montagne pour aller donner naissance \u00e0 des sources, \u00e0 des torrents, et quelquefois \u00e0 d'assez fortes rivieres qui sortent du pied de ces montagnes calcaires; lors de la fonte des neiges, l'eau ne se verse point des sommets de ces sortes de montagnes comme de dessus les autres esp\u00e8ces de rochers qui absorbent moins les eaux. Dans le milieu de ce haut il y a un petit lac d'un grand quart de lieue de long de forme ovale, ou se rassemblent les eaux des neiges fondues; il n'y a point d'issues \u00e0 ce lac, ses eaux sont absorb\u00e9es, et se perdent dans l'int\u00e9rieur de la montagne; il n'y avoit que peu de glace alors sur ce lac, mais il y avoit encore beaucoup de neiges aux environs; un glacier est sur la droite, se prolonge et va fermer le sommet du vallon o\u00f9 est Loiche; c'est le m\u00eame glacier qu'on apper\u00e7oit derri\u00e8re les sources chaudes. Deux aiguilles de rocher en c\u00f4ne, fort hautes s'\u00e9l\u00e8vent au-dessus du sommet; elles sont toujours couvertes de neiges: leur ressemblance et leur proximit\u00e9 a donn\u00e9 le nom de Gemmi Jumeaux, \u00e0 cette montagne\u2014On voit \u00e0 ses pieds \u00e0 une profondeur immense le village de Loiche, qui paro\u00eet \u00eatre tout au pied du rocher; il faut cependant une grand heure et demie pour s'y rendre, tant la hauteur diminue le point de perspective. Le chemin qui est pratiqu\u00e9 dans ce rocher, y a \u00e9t\u00e9 par-tout taill\u00e9; il le contourne certains endroits, dans d'autres il est creus\u00e9 de fa\u00e7on qu'il forme une vo\u00fbte couverte, et qu'on a le rocher suspendu au-dessus de soi. Il est rare de trouver l'occasion de pouvoir examiner de d\u00e9tailler avec autant de facilit\u00e9 une montagne d'une pareille hauteur. A compter des galleries jusqu'aux glaciers de la Gemmi, ces rochers perpendiculaires et \u00e0 pic ont plus de trois lieues d'\u00e9tendue; ils diminuent en hauteur \u00e0 mesure que le pays s'\u00e9l\u00e8ve, et se confond dans les plus hautes alpes, qui sont surmont\u00e9es d'autre masses de rochers.\n\u00abDe l'autre cot\u00e9 du vallon, et vis-\u00e0-vis des montagnes qui forment celles de la Gemmi, est la montagne du midi, s\u00e9par\u00e9e par la Dala, torrent qui vient du glacier \u00e0 la t\u00eate du vallon, dont les eaux paroissent avoir creus\u00e9 le lit \u00e9troit et profond. Cette montagne est calcaire comme la Gemmi, et paro\u00eet en avoir fait partie: je n'ai pu v\u00e9rifier nulle part si elle \u00e9toit pos\u00e9e sur des schistes: tout est dans un grand bouleversement sur sa pente qui est fort rapide. A environs trois quarts de lieue des bains, un sentier fort difficile, qui passe sur les d\u00e9combres de cette montagne et dans des bois de sapins fort obscurs, conduit par un pente fort rapide a un rocher perpendiculaire, comme sont presque tous ceux du canton on y trouve des \u00e9chelles appuy\u00e9es contre; on parvient \u00e0 la premi\u00e8re, en grimpant par les avances et les saillies du rocher; d'autres roches facilitent le moyen d'arriver \u00e0 la seconde; on trouve ainsi sept \u00e9chelles dont quelques-unes sont fort hautes, et par lesquelles on se guide au sommet de ce rocher; on est bien surpris d'y trouver un terrain en pente, o\u00f9 il y a des champs labour\u00e9s et des vignes qui entourent le village d'Albinien, dont les habitans ont plac\u00e9 ces \u00e9chelles pour raccourcir le chemin qui conduit \u00e0 Loiche, o\u00f9 ils vont vendre leurs denr\u00e9es.\n\u00abNous quittons les bains de Loiche pour nous rapprocher du Rh\u00f4ne: on repasse par Inden, on ne trouve ensuite que des pierres, des rochers, des escarpemens; c'est un chemin des plus mauvais jusqu'au bourg de Loiche; c'est pour \u00e9viter ce chemin qu'on a fait celui des galleries. Le bourg de Leuck, ou Loiche, est un des principaux endroits du Vallais, b\u00e2ti en pierres, dans une position fort \u00e9lev\u00e9e et tr\u00e8s-forte; l'art avoit encore ajout\u00e9 anciennement \u00e0 la force de son assiette, il y a encore d'anciens forts et des tours; toute cette hauteur est calcaire; on a la plus belle vue de ce lieu, elle s'\u00e9tend sur tout le bas Vallais jusqu'au dela de Martigny; nous avons donn\u00e9 une foible id\u00e9e de cette vue, avant d'arriver aux bains de Loiche, car les expressions manquent pour rendre ces grands tableaux. Un spectacle bien int\u00e9ressant pour ceux qui \u00e9tudient les changemens qui arrivent journellement \u00e0 la surface du globe, est la vue du Kolebesch, montagne fort \u00e9lev\u00e9e en face du bourg de Leuck, et de l'autre c\u00f4t\u00e9 du Rh\u00f4ne; cette montagne est calcaire ainsi que la cha\u00eene sur la rive gauche du Rh\u00f4ne, du moins la partie avanc\u00e9e qui forme le vallon o\u00f9 coule ce fleuve. Des chutes, des \u00e9boulemens y ont produit de grands changemens; les eaux et les torrens qui viennent des parties \u00e9lev\u00e9es, ont entra\u00een\u00e9 ces d\u00e9bris, les ont d\u00e9pos\u00e9s aux pieds de la montagne, et en ont form\u00e9 une colline qui a plus d'une demie-lieue jusqu'au Rh\u00f4ne, et plus d'une grande lieue de large, en forme circulaire; elle s'\u00e9tend vers le haut et le bas Vallais; la partie sup\u00e9rieure est couverte de pr\u00e9s et des p\u00e2turages; celle du c\u00f4t\u00e9 du bas Vallais est couverte d'une for\u00eat; elle va en pente douce; la grosseur des arbres prouve combien la formation de ce terrain est ancienne. Depuis la consolidation de ce terrain des torrens nouveaux y ont creus\u00e9 un ravin large et profond, par lequel s'\u00e9coulent actuellement les eaux des montagnes, et les pierres qu'elles en arrachent. Le Rh\u00f4ne mine et emporte le pied de cette colline qui resserroit son cours, avec ces mat\u00e9riaux il va plus loin former des atterrissemens compos\u00e9s des mati\u00e8res les plus pesantes; les parties les plus fines le limon suspendu dans ces eaux servent ensuite \u00e0 couvrir les anciens atterrissemens, au moyen desquels ils deviennent susceptibles de toute esp\u00e8ce de v\u00e9g\u00e9tation; ses eaux finissent de s'\u00e9purer dans le lac Leman, d'ou il sort clair et limpide, ainsi que toutes les rivieres qui sortent des lacs jusqu'\u00e0 ce que d'autre torrens, tombant des montagnes, viennent les troubler de nouveau.\u00bb\nHere is a most satisfactory view of the structure of this country on each side of the Rh\u00f4ne; strata of lime-stone and schisti, almost horizontal or little inclined, compose the mountains from their most lofty summits to the deepest bottom of those valleys. Such mountains cannot have been formed in any other manner than by the waste and degradation of their horizontal strata; consequently, here we are certain, that, from the summit of the Gemmi to those upon the other side of the Rh\u00f4ne, all the solid substance had been hollowed out by water. Thus were formed the valleys of the Rh\u00f4ne, the Dala, and a multitude of others.\nM. de Saussure has given us a description of a tract of alpine country of the same kind with that of the Vallais now considered, so far as the strata are here in a horizontal position, instead of that highly inclined situation in which those primary bodies are commonly found. It is the description of Mount-Rosa Journal de Physique, Juillet 1790.\nHere the same interesting observation may be made with regard to the immense destruction which must necessarily have taken place, in the elevated mass of solid earth, by the dissolving or wearing power of running water; and this will be clearly explained by the formation of those mountains and valleys, which, while they correspond with mountains and valleys in general, have something particular that distinguishes them from most of the Alps, where the strata, being much inclined, give occasion to form ranges of peaks disposed in lines according to the directions of the inclined strata. Here on the contrary, there being no general inclination of the strata to direct the formation of the peaks, they are found without any such order. I shall give it in M. de Saussure's own words.\n\u00abEn effect toutes les hautes sommit\u00e9s que j'avois observ\u00e9es jusqu'\u00e0 ce jour sont ou isol\u00e9es comme l'Etna, ou rang\u00e9es sur des lignes droites comme le Mont-Blanc et ses cimes collaterales. Mais l\u00e0 je voyois le Mont Rose compos\u00e9 d'une suite non-interrompue de pics gigantesques presqu'\u00e9gaux entr'eux, former un vaste cirque et renfermer dans leur enceinte, le village de Macugnaga, ses hameaux, ses p\u00e2turages, les glaciers qui les bordent, et les pentes escarp\u00e9es qui s'\u00e9l\u00e8vent jusqu'aux cimes de ces majestueux colosses.\n\u00abMais ce n'est pas seulement la singularit\u00e9 de cette forme qui rend cette montagne remarquable; c'est peut-\u00eatre plus encore sa structure. J'ai constat\u00e9 que le Mont-Blanc et tous les hauts sommets de sa cha\u00eene sont compos\u00e9s de couches verticales. Au Mont-Rose jusqu'aux cimes les plus \u00e9lev\u00e9es, tout est horizontal ou inclin\u00e9 au plus de 30 degr\u00e9s.\n\u00abEnfin il se distingue encore par la mati\u00e8re dont il est construit. Il n'est point de granits en masse, comme le Mont-Blanc et les hautes c\u00eemes qui l'entourent; ce sont des granits vein\u00e9s et des roches feuillet\u00e9es de diff\u00e9rens genre qui constituent la masse enti\u00e8re de cet assemblages de montagnes, depuis bases jusqu'\u00e0 ses plus hautes cimes. Ce n'est pas que l'on n'y trouve du granit en masses, mais il y est purement accidentel, et sous la forme de rognons, de filons, ou de couches interpos\u00e9es entre celles des roches feuillet\u00e9es.\n\u00abOn ne dira donc plus que les granits vein\u00e9s, le gneiss et les autres roches de ce genre, ne sont que les d\u00e9bris des granits rassembl\u00e9s et agglutin\u00e9s au pied des hautes montagnes, puisque voil\u00e0 des roches de ce genre dont la hauteur \u00e9gale \u00e0 tr\u00e8s-peu-pr\u00e8s celle des cimes granitiques les plus hautes connues, et ou l'on ferois bien embarrass\u00e9 \u00e0 trouver la place des montagnes de granit dont les d\u00e9bris out pu leur servir de mat\u00e9riaux; sur-tout si l'on consid\u00e8re la masse \u00e9norme de l'ensemble des murs d'un cirque tel que celui du Mont-Rose. En effet, ce seroit une hypoth\u00e8se inadmissible que de supposer, qu'anciennement il a exist\u00e9 dans le vuide actuel du cirque une montagne de granit, et que ce cirque est le produit des d\u00e9bris de cette montagne. Car comment ne resteroit-il aucun vestige de cette montagne? On con\u00e7oit bien que sa t\u00eate auroit pu se d\u00e9truire, mais son corps, la base du moins, prot\u00e9g\u00e9e par les d\u00e9bris de sa t\u00eate accumul\u00e9s autour d'elle qu'est ce qui auroit pu l'an\u00e9antir; d'ailleurs les parois int\u00e9rieures du cirque quoique tr\u00e8s-escarp\u00e9es ne sont pourtant pas verticale; elles s'avancent de tous c\u00f4t\u00e9s vers l'int\u00e9rieur; et le fond, le milieu m\u00eame du cirque n'est point du granit, il est de la m\u00eame nature que ses bords. Enfin nous avons reconnu que les montagnes qui forment la couronne du Mont-Rose se prolongent au dehors \u00e0 de grandes distances en sorte que leur ensemble forme une masse incomparablement plus grande que celle qui auroit rempli le vuide int\u00e9rieur du cirque.\n\u00abIl faut donc reconno\u00eetre, comme tous les ph\u00e9nom\u00e8nes le d\u00e9montrent d'ailleurs, qu'il existe de montagnes de roches feuillet\u00e9es, compos\u00e9es des m\u00eames \u00e9l\u00e9mens que le granit, et qui sont sorties comme lui des mains de la nature sans avoir commenc\u00e9 par \u00eatres elles-m\u00eames des granits 22.\u00bb\nHere is an example the most interesting that can be imagined. Those mountains are the highest in Europe, and their lofty peaks are altogether inaccessible upon one side. They had all been formed of the same horizontal strata. How then have they become separated peaks? And how have the valleys been hollowed out of this immense mass of elevated country?\u2014No otherwise than as we may perceive it, upon every mountain, and after every flood. It is not often indeed, that, in those alpine regions, any considerable tract of country is to be found, where an example so convincing is exhibited. It is more common for those mountains of primary strata or schistus to rise up in ridges, which, though divided into great pyramids, may still be perceived as connected in the direction of their erected strata. These last, although affording the most satisfactory view of that mineral operation by which land, formed and consolidated at the bottom of the sea, had been elevated and displaced, are not so proper to inform us of the amazing waste of those extremely consolidated bodies, as are those where the strata have preserved their original horizontal portion. It is in this last case, that there are data remaining for calculating the minimum of the waste that must have been made of those mountains, by the regular and long continued operations of the atmospheric elements upon the surface of this earth.\nIt is the singularity of these horizontal strata in that extensive alpine mass, which seems to have engaged M. de Saussure, who has inspected so much of those instructive countries, to make a tour around those mountains, and to give us a particular description of this interesting place. Now, from this description, it is evident, that there is an immense mass of primary or alpine strata nearly in the horizontal position, which is common to all the strata at their original formation; that this horizontal mass had been raised into the highest place of land upon this globe; and that, in this high situation, it has suffered the greatest degradation, in being wasted by the hand of time, or operations of the elements employed in forming soil for plants, and procuring fertility for the use of animals. Here is nothing but a truth that may almost every where be perceived; but here that important truth is to be perceived on so great a scale, as to enable us to enlarge our ideas with regard to the natural operations of this earth, and to overcome those prejudices which contracted views of nature, and magnified opinions of the experience of man may have begotten,\u2014prejudices that are apt to make us shut our eyes against the cleared light of reason.\nAbundant more examples of this kind, were it necessary, might be given, both from this very good observator, and from M. de Luc 23.\nI will now only mention one from this last author, which we find in the Journal de Physique, Juin 1792.\n\u00abEntre Francfort et Hanau, le mein est bord\u00e9 sur ses deux rives, de collines dans lesquelles la lave se trouve ench\u00e2ss\u00e9e entre des couches calcaires. Ces couches sont tr\u00e8s-remarquables par leur contenue, qui est le m\u00eame au-dessus et au-dessous de la lave, et qu'on retrouve dans les couches d'une grande \u00e9tendue de pays, ou, comme d'ordinaire, on voit leurs sections abruptes dans les flancs de collines, mais sans lave, except\u00e9 dans le lieu indiqu\u00e9.\u00bb\nThe particular structure of those lime-stone strata, with the body of basaltes or subterraneous lava which is interposed among them, shows evidently the former connection of those two banks of the river, by solid matter, the same as that which we see left there, and in the flanks of those hills. That which is wanting, therefore, of those stratified masses, in that great extent of country, marks out to us the minimum of what has been lost, in having been worn by the attrition of travelled materials.\nI would now beg leave, for a moment, to transport my reader to the other side of the Atlantic, in order to perceive if the same system of rivers wearing mountains is to be found in that new world, as we have found it in the old.\nOf all the mountains upon the earth, so far as we are informed by our maps, none seem to be so regularly disposed as are the ridges of the Virginian mountains. There is in that country a rectilinear continuity of mountains, and a parallelism among the ridges, no where else to be observed, at least not in such a great degree.\nAt neither end of those parallel ridges is there a direct conveyance for the waters to the sea. At the south end, the Allegany ridge runs across the other parallel ridges, and shuts up the passage of the water in that direction. On the north, again, the parallel ridges terminate in great irregularity. The water therefore, that is collected from the parallel valley, is gathered into two great rivers, which break through those ridges, no doubt at the most convenient places, forming two great gapes in the blue ridge, which is the most easterly of those parallel ridges.\nNow, so far as mountains are in the original constitution of a country, the ridges of those mountains must have been a directing cause to the rivers. But so far as rivers, in their course from the higher to the lower country, move bodies with the force of their rolling waters, and wear away the solid strata of the earth, we must consider rivers as also forming mountains, at least as forming the valleys which are co-relative in what is termed mountain. Nothing is more evident than the operation of those two causes in this mountainous country of Virginia; the original ridges of mountains, or indurated and elevated land, have directed the courses of the rivers, and the running of those rivers have modified the mountains from whence their origin is taken. I have often admired, in the map, that wonderful regularity with which those mountains are laid down, and I have much wished for a sight of that gap, through which the rivers, gathered in the long valleys of those mountains, break through the ridge and find a passage to the sea. A description of this gap we have by Mr Jefferson, in his notes on Virginia.\n\u00abThe passage of the Potomac, through the Blue Ridge, is perhaps one of the most stupendous scenes in nature. You stand on a very high point of land. On your right comes up the Shenandoah, having ranged, along the foot of the mountains, an hundred miles to seek a vent. On the left approaches the Potomac, in quest of a passage also. In the moment of their junction, they rush together against the mountain, rend it asunder, and pass off to the sea.\n\u00abThe first glance of this scene hurries our senses into the opinion, that this earth had been erected in time; that the mountains were formed first; that the rivers began to flow afterwards; that in this place particularly they have been dammed up by the Blue Ridge of mountains, and have formed an ocean which filled the whole valley; that, continuing to rise, they have at length broken over this spot, and have torn the mountain down from its summit to its base. The piles of rock on each hand, but particularly on the Shenandoah, the evident marks of this disrupture and avulsion from their beds, by the most powerful agents of nature, corroborate the impression. But the distant finishing which nature has given to the picture is of a different character. It is a true contrast to the foreground. It is as placid and delightful as that is wild and tremendous. For the mountain being cloven asunder, she presents to your eye, through the cleft, a small catch of smooth blue horizon at an infinite distance in the plain country, inviting you, as it were, from the riot and tumult roaring around, to pass through the breach, and partake of the calm below. Here the eye ultimately composes itself; and that way too the road happens actually to lead. You cross the Potomac above the junction, pass along its side through the base of the mountain for three miles, its terrible precipices hanging in fragments over you, and within about twenty miles reach of Frederick town, and the fine country around it. This scene is worth a voyage across the Atlantic. Yet here, as in the neighbourhood of the natural bridge, are people who have passed their lives within half a dozen of miles, and have never been to survey these monuments of a war between the rivers and mountains, which must have shaken the earth itself to its center.\u00bb\nTo this description of the passage of the Potomac may be added what Mr Jefferson, in the appendix, has given from his friend Mr Thomson, secretary of Congress.\n\u00abThe reflections I was led into on viewing this passage of the Potomac through the Blue Ridge were, that this country must have suffered some violent convulsion, and that the face of it must have been changed from what it probably was some centuries ago; that broken and ragged faces of the mountain on each side of the river; the tremendous rocks which are left with one end fixed in the precipice, and the other jutting out, and seemingly ready to fall for want of support; the bed of the river for several miles below obstructed, and filled with the loose stones carried from this mound; in short, every thing on which you cast your eye evidently demonstrates a disrupture and breach in the mountain, and that before this happened, what is now a fruitful vale, was formerly a great lake, or collection of water, which possibly might have here formed a mighty cascade, or had its vent to the ocean by the Susquehanna, where the Blue Ridge seems to terminate. Besides this, there are other parts of this country which bear evident traces of a like convulsion. From the best accounts I have been able to obtain, the place where the Delaware now flows through the Kittatinny mountain, which is a continuation of what is called the North Ridge, or mountain, was not its original course, but that it passed through what is now called the Wind-gap, a place several miles to the westward, and above an hundred feet higher than the present bed of the river. This Wind-gap is about a mile broad, and the stones in it such as seem to have been washed for ages by water running over them. Should this have been the case, there must have been a lake behind that mountain; and, by some uncommon swell in the waters, or by some convulsion of nature, the river must have opened its way through a different part of the mountain, and meeting there with less obstruction, carried away with it the opposing mounds of earth, and deluged the country below with the immense collection of waters to which this new passage gave vent. There are still remaining, and daily discovered, innumerable instances of such a deluge on both sides of the river, after it passed the hills above the falls of Trenton, and reached the champaign. On the New Jersey side, which is flatter than the Pennsylvania side, all the country below Croswick hills seems to have been overflowed to the distance of from ten to fifteen miles back from the river, and to have acquired a new soil, by the earth and clay brought down and mixed with the native sand. The spot on which Philadelphia stands evidently appears to be made ground. The different strata through which they pass in digging for water, the acorns, leaves, and sometimes branches which are found above twenty feet below the surface, all seem to demonstrate this.\u00bb\nHow little reason there is to ascribe to extraordinary convulsions the excavations which are made by water upon the surface of the earth, will appear most evidently from the examination of that natural bridge of which mention is made above, and which is situated in the same ridge of mountains, far to the south, upon a branch of James's River. Mr Jefferson gives the following account of it.\n\"The natural bridge, the most sublime of nature's works, is on the ascent of a hill, which seems to have been cloven through its length by some great convulsion. The fissure, just at the bridge, is by some admeasurements 270 feet deep, by others 205; it is about 45 feet wide at the bottom, and 90 feet at the top; this of course determines the length of the bridge, and its height from the water. Its breadth in the middle is about 60 feet, but more at the ends; and the thickness of the mass at the summit of the arch about 40 feet. A part of its thickness is constituted by a coat of earth, which gives growth to many large trees. The residue, with the hill on both sides, is one solid rock of lime-stone. The arch approaches the semi-elliptical form; but the larger axis of the ellipsis, which would be the cord of the arch, is many times longer than the transverse. Though the sides of the bridge are provided in some parts with a parapet of fixed rock, yet few men have resolution to walk to them, and look over into the abyss. You involuntarily fall on your hands and feet, and creep to the parapet, and look over it. Looking down from this height about a minute gave me a violent headache. If the view from the top be painful and intolerable, that from below is delightful in the extreme. It is impossible for the emotions arising from the sublime to be felt beyond what they are here. On the sight of so beautiful an arch, so elevated, so light, and springing as it were up to heaven, the rapture of the spectator is really indescribable! The fissure, continuing narrow, deep, and straight, for a considerable distance above and below the bridge, opens a short but very pleasing view of the north mountain on one side, and blue ridge on the other, at the distance each of them of about five miles. This bridge is in the county of Rockbridge, to which it has given name, and affords a public and commodious passage over a valley, which cannot be crossed elsewhere for a considerable distance. The stream passing under it is called Cedar Creek: it is a water of James's River, and sufficient in the driest seasons to turn a grist mill, though its fountain is not more than two miles above 24.\"\nThus both in what is called the Old World and the New, we shall be astonished in looking into the operations of time employing water to move the solid masses from their places, and to change the face of nature, on the earth, without defacing nature. At all times there is a terraqueous globe, for the use of plants and animals; at all times there is upon the surface of the earth dry land and moving water, although the particular shape and situation of those things fluctuate, and are not permanent as are the laws of nature.\nIt is therefore most reasonable, from what appears, to conclude, that the tops of the mountains have been in time past much degraded by the decay of rocks, or by the natural operations of the elements upon the surface of the earth; that the present mountains are parts which either from their situation had been less exposed to those injuries of what is called time, or from the solidity of their constitution have been able to resist them better; and that the present valleys, or hollows between the mountains, have been formed in wasting the rock and in washing away the soil.\nIf this is the case, that rivers have every where run upon higher levels than those in which we find them flowing at the present, there must be every where to an observing eye marks left upon the sides of rivers, by which it may be judged if this conclusion be true. I shall now transcribe a description of a part of the Vallais by which this will appear. (Discours sur l'Histoire Naturelle de la Suisse.)\n\u00abApr\u00e8s avoir pass\u00e9 le village de Saint-Leonard, on commence \u00e0 monter la montagne de la Plati\u00e8re; cette route est on ne peut plus int\u00e9ressante pour le naturaliste, etc.\n\u00abOn se trouve fort \u00e9lev\u00e9 au-dessus du Rh\u00f4ne quand on est sur le haut de ce chemin, dont on d\u00e9couvre un de plus singuliers, des plus riches, et de plus vari\u00e9s passages qu'on puisse imaginer. On voit sous ses pieds le Rh\u00f4ne serpenter dans le lit qu'il se creuse actuellement, car il change et tout prouve qu'il en a souvent chang\u00e9; une quantit\u00e9 prodigieuse de petites isles le s\u00e9parent et le coupent en une multitude de canaux et de bras; ces isles sont couvertes les unes d'arbres, d'arbustes, de p\u00e2turages, de bosquets et de verdure, d'autres de pierres, de sable, et de d\u00e9bris de rochers; quelques-unes sont form\u00e9es ou occasionn\u00e9es par un amas de troncs d'arbres entass\u00e9s avec de grands sapins renvers\u00e9s dont les long tiges h\u00e9riss\u00e9es de branches droites et nues repr\u00e9sentent des chevaux de frise, et donnent l'id\u00e9e de ces abatis destin\u00e9s \u00e0 preserver un pays contre l'approche de l'ennemi. Du c\u00f4t\u00e9 du bas Vallais, on suit \u00e0 perte de vue le fleuve dans ses sinuosit\u00e9s et ses d\u00e9tours, on l'apper\u00e7oit \u00e9galement dans le haut Vallais; des avances de montagne le cachent quelquefois: il reparo\u00eet et diminue insensiblement en approchant de ces monts \u00e9lev\u00e9s ou il prend sa source: le fond du vallon paro\u00eet \u00eatre de niveau, s'abaisser seulement d'une pente douce du c\u00f4t\u00e9 du bas Vallais: des mamelons, des hauteurs des monticules isol\u00e9s, quelquefois group\u00e9s de diff\u00e9rentes manieres, sont r\u00e9pandus dans cet espace, et rappellent la vue d'une pr\u00e9 d\u00e9vast\u00e9 par les taupes; plusieurs de ces hauteurs sont surmont\u00e9es des ruines d'antiques ch\u00e2teaux, d'eglises, et de chapelles; des villages distribu\u00e9s \u00e7a et l\u00e0 enrichissent ce fond, qui d'ailleurs est couvert de p\u00e2turages, de champs d'arbres, de bois, et de bosquets; les enclos des possessions le coupent en mille figure bizarres et irr\u00e9guli\u00e8res. Ces monticules avec leurs fabriques s'\u00e9l\u00e8vent au-dessus de tous ces objets vari\u00e9s; quelques-unes se distinguent par leur c\u00f4t\u00e9s \u00e9croul\u00e9s qui sont \u00e0 pic; la blancheur de ces \u00e9boulemens contraste singuli\u00e8rement avec les verts qui sont les couleurs dominantes du vallon. Au-de-la des coteaux, des montagnes s'\u00e9l\u00e8vent et vont s'appuyer et s'adosser \u00e0 ces masses, \u00e0 ces colosses \u00e9normes de rochers \u00e0 pic \u00e9lev\u00e9s comme des murailles et d'une hauteur prodigieuse qui forment cette barri\u00e8re qui s\u00e9pare le Vallais de la Savoie. Les contours du pied de ces monts forment des entr\u00e9es de vallons et de vall\u00e9es d'ou descendent et se pr\u00e9cipitent des torrens qui viennent grossir les eaux du Rh\u00f4ne; la vue cherche \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer et \u00e0 s'\u00e9tendre dans ces espaces, l'imagination cherche vainement des passages dans effrayantes limites, parmi ces \u00e9cueils et ces rochers amoncel\u00e9s, elle est arr\u00eat\u00e9e partout; de noires for\u00eats de sapin sont suspendues parmi ces rochers blancs-jaun\u00e2tres, qui se terminent enfin par une multitude d'aiguilles et de pyramides qu'on voit percer au travers des neiges et des glaces, s'\u00e9lancer dans les nues, s'y cacher et s'y perdre.\n\u00abEn examinant de plus pr\u00e8s ces mamelons r\u00e9pandus dans le vallon, on voit qu'ils sont compos\u00e9s de pierres, de sables, et de d\u00e9bris rapport\u00e9s et amoncel\u00e9s sans ordre depuis des temps dont rien ne peut fixer l'\u00e9poque: on voit que les eaux du Rh\u00f4ne ont coul\u00e9 \u00e0 leurs pied, qu'il en a min\u00e9 plusieurs et a occasionn\u00e9 leurs chutes et leurs ruines. On voit actuellement quelques mamelons qui subissent ces m\u00eames d\u00e9gradations, et fournissent au Rh\u00f4ne les mat\u00e9riaux dont il va former plus loin ces atterissemens dont nous avons parl\u00e9. La confusion et le d\u00e9sordre qui se remarque dans la composition int\u00e9rieure de ces mamelons prouvent qu'ils ne sont pas le produit de la mer ou des eaux qui ont travaill\u00e9 successivement et lentement \u00e0 la formation de la plupart des terrains; mais que le fond de ce vallon a \u00e9t\u00e9 rempli des d\u00e9combres et des d\u00e9bris des montagnes sup\u00e9rieures, qu'ils y ont \u00e9t\u00e9 entra\u00een\u00e9s par des inondations et des d\u00e9bordemens subits; que les eaux du Rh\u00f4ne ensuite ont parcouru ce vallon qu'il a souvent chang\u00e9 de lit; que c'est en tournant et en circulant dans ce terrain nouvellement form\u00e9, qu'il a creus\u00e9 les espaces qui sont entre ces mamelons, et que c'est en creusant le terrain qu'ils se sont \u00e9lev\u00e9s; leurs formes et leurs pentes allong\u00e9es vers le bas Vallais, sont de nouvelles preuves que ce sont les eaux actuelles qui ont chang\u00e9 la surface de ce terrain, nous verrons de nouvelles preuves de ce que nous disons en avan\u00e7ant d'avantage vers le haut Vallais; il n'y a peut-\u00eatre point d'endroit plus propre \u00e0 \u00e9tudier le travail des eaux que ce vallon qu'on a la facilit\u00e9 de voir et d'examiner sous des aspects diff\u00e9rentes.\u00bb\nAnother example of the same kind, with regard to the bed of the Rhine, we have from the same author. (Discours, etc. page 259.)\n\u00abDe Richenau \u00e0 Coire, Troyen, et Saint-Gal.\n\u00abPour aller \u00e0 Coire on passe le port qui est sur le haut Rhin; en c\u00f4toyant ce fleuve, qui coule dans un fond, on entre dans une plaine de niveau, qui n'a qu'une pente tr\u00e8s insensible de trois quarts de lieue; le fond du terrain n'est qu'un amas de pierres roul\u00e9es de toutes esp\u00e8ces. Les deux c\u00f4t\u00e9s sont bord\u00e9s de montagnes calcaire qui courent parall\u00e8lement entr'elles. Celle de la gauche, au pied de laquelle coule le Rhine, est tr\u00e8s rapide et perpendiculaire \u00e0 son sommet; celle qui est \u00e0 droite de la plaine ou petit vallon, puisqu'il se trouve entre des montagnes, est moins haute, plus bois\u00e9e, et couverte de sapins. Le vallon est aussi couvert, en partie, de tr\u00e8s-grands et beaux pins; mais ce qu'on y voit de plus remarquable, c'est une douzaine de gros mamelons ou butes, \u00e9lev\u00e9es de cinquante \u00e0 soixante toises, plus ou moins isol\u00e9e, et \u00e0 diff\u00e9rentes distances les unes des autres; ces butes sont rondes, la plupart allong\u00e9es dans le sens du vallon, et compos\u00e9es de d\u00e9bris calcaires et de sables; le fond du vallon est m\u00eal\u00e9 de plus d'esp\u00e8ces de galets. On ne croit pas se tromper en disant que ce vallon a \u00e9t\u00e9 rempli de mati\u00e8res apport\u00e9es par les eaux jusqu'\u00e0 la hauteur ou sont encore actuellement les mamelons; que de nouvelles inondations ont ensuite creus\u00e9 et entra\u00een\u00e9 ce qui manque de terrain \u00e0 ces mamelons; que c'est en circulant autour de ces mamelons que les eaux leur ont donn\u00e9 la forme ronde; et surtout allong\u00e9e dans le sens du vallon, et que c'est par le moyen de ces m\u00eames eaux que le fond actuel de cette plaine a pris ce niveau et cette pente insensible vers un pays plus ouvert qui est au-dela. On a d\u00e9j\u00e0 fait mention de pareils mamelons qui se trouvent dans le vallon du Vallais parcouru par le Rh\u00f4ne.\u00bb\nThese examples may also be supported by what this author observes in another place 25.\n\u00abLe vallon o\u00f9 est situ\u00e9 Meiringen, est visiblement form\u00e9 par le d\u00e9p\u00f4t des eaux, il est de niveau, et s'\u00e9tend trois lieues en longueur jusqu'au lac de Brientz, \u00e0 la suite duquel est le m\u00eame terrain nivel\u00e9, qui va jusqu'au lac de Thun, dont on a parl\u00e9. Une autre observation qui concourt \u00e0 favoriser ce sentiment, c'est que toutes les roches calcaires, qui entourent le vallon, sont \u00e0 pic, qu'on y remarque des cavit\u00e9s circulaires et des enfoncemens \u00e0 m\u00eame hauteur et \u00e0 diff\u00e9rents points, qui constatent la fouille et le mouvement des eaux contre ces parois.\u00bb\nThus we have seen the operation of the atmospheric elements degrading mountains, and hollowing out the valleys of this earth.\nThe land which comes from the mineral region in a consolidated state, in order to endure the injuries of those atmospheric elements, must be resolved in time for the purposes of fertilising the surface of this earth. In no station whatever is it to be exempted from the wasting operations, which are equally necessary, in the system of this world, as were those by which it had been produced. But with what wisdom is that destroying power disposed! The summit of the mountain is degraded, and the materials of this part, which in a manner has become useless from its excessive height, are employed in order to extend the limits of the shore, and thus increase the useful basis of our dwellings. It is our business to trace this operation through all the intermediate steps of that progress, and thus to understand what we see upon the surface of this earth, by knowing the principles upon which the system of this world proceeds.\nv2:20 M. Bourrit, etc.\nv2:21 M. de Saussure, in his 2d volume of Voyages dans les Alpes, has shown the origin of these travelled granites, and traced the way by which they have come.\nv2:22 M. de Saussure, upon the evidence before us, might have gone farther, and maintained that the masses of granite, which here traverse the strata in form of veins and irregular blocks, had been truly of a posterior formation. But this is a subject which we shall have afterwards to consider in a particular manner; and then this example must be recollected.\nv2:23 Vid. Discours sur l'Histoire Naturelle de la Suisse, passim; but more particularly under the article of Route du Grindle wald \u00e0 meiringen dans le pays de Hasti: Also Hist: de la Terre, Lettre 30. p. 45, et Lettre 31. page 68, etc.\nv2:24 Upon this occasion it may be observed, the most wonderful thing, with regard to cosmology, is that such remnants, forming bridges, are so rare; this therefore must be an extraordinary piece of solid rock, or some very peculiar circumstances must have concurred to preserve this monument of the former situation of things.\nv2:25 Discours, etc. page 201.","title":"Theory of the Earth: Theory of the Earth [1795], Vol. II ...","type":"page"}
